L'hébreu et le grec sans les connaître
Les clés pour lire les alphabets, les translittérations, les numéros Strong et les analyses grammaticales affichés sur le site.
Pourquoi s'intéresser aux langues originales ?
L'Ancien Testament a été écrit en hébreu (avec quelques passages en araméen), le Nouveau Testament en grec. Toute traduction fait des choix : un même mot hébreu peut devenir « bonté », « miséricorde » ou « piété » selon le traducteur et le contexte. Sans apprendre ces langues, vous pouvez pourtant repérer quel mot se cache derrière le français, et voir où il revient ailleurs.
dictionnaireBiblique.com vous donne pour cela quatre outils : l'écriture d'origine, la translittération, le numéro Strong et l'analyse grammaticale. Voyons-les un par un.
Deux alphabets à apprivoiser
L'hébreu s'écrit de droite à gauche. Son alphabet ne compte que des consonnes (22 lettres) ; les voyelles ont été ajoutées plus tard sous forme de petits points et traits autour des lettres. Dans חֶסֶד, les trois grandes lettres sont ḥ, s, d : c'est la racine. Les petits signes en dessous donnent les voyelles « e ».
Le grec s'écrit de gauche à droite, comme le français, et plusieurs lettres vous sembleront familières : α (a), β (b), δ (d), ε (e), κ (k), ο (o)… D'autres demandent un petit effort : η (ē, un « è » long), θ (th), λ (l), ρ (r), σ ou ς (s), χ (ch, prononcé comme un « r » raclé), ω (ō, un « o » long).
La translittération : lire sans déchiffrer
La translittération recopie le mot hébreu ou grec en lettres latines, avec quelques signes pour les sons qui n'existent pas en français. Ainsi חֶסֶד devient ḥesed, et ἔλεος devient eleos.
Quelques repères : ḥ (h avec un point dessous) se prononce comme la jota espagnole, un « h » raclé ; ʾ et ʿ notent deux consonnes hébraïques gutturales que l'on peut, en pratique, laisser muettes ; un trait sur une voyelle (ā, ē, ô, î) indique une voyelle longue. La fiche donne aussi une prononciation, par exemple [ˈχe.sed] pour ḥesed.
Dans la recherche du site, vous pouvez taper une translittération : « hesed » ou « eleos » vous mènent directement au bon mot.
Les numéros Strong
À la fin du XIXe siècle, James Strong a publié une concordance qui attribue un numéro à chaque mot hébreu et grec de la Bible. Ce système est devenu un langage commun entre dictionnaires, logiciels et commentaires. Sur le site, le numéro est précédé d'une lettre : H pour l'hébreu, G pour le grec. H2617 est ḥesed, G1656 est ἔλεος.
L'avantage est immense pour qui ne lit pas les langues anciennes : le numéro identifie le mot sans ambiguïté, même quand la traduction française varie. Tapez « H2617 » dans la recherche et vous arrivez directement sur la fiche, quelle que soit la façon dont la Segond a traduit le mot.
- Repérez un mot qui vous intrigue dans un verset.
- En mode texte original, notez son numéro Strong et sa translittération.
- Cherchez ce numéro : la fiche ou la carte de lexique vous indique sa glose, sa définition et son nombre d'occurrences.
Comprendre l'analyse grammaticale
Sous chaque mot du texte original, le site affiche une analyse : la morphologie de la forme employée dans ce verset précis. Elle vous dit la nature du mot (nom, verbe, adjectif…) et ses caractéristiques.
Pour un nom : le genre (masculin, féminin), le nombre (singulier, pluriel) et, en hébreu, la présence éventuelle d'un suffixe possessif (« ton », « sa »…). En grec s'ajoute le cas, qui indique la fonction dans la phrase : nominatif pour le sujet, accusatif pour le complément, etc. En Jean 1.1, λόγος, « Parole », est au nominatif masculin singulier.
Pour un verbe : le temps ou l'aspect, la voix (active, passive…), le mode et la personne. En Jean 3.16, « Dieu a tant aimé » traduit ἠγάπησεν (ēgapēsen), du verbe ἀγαπάω : un aoriste actif indicatif, 3e personne du singulier, qui présente l'amour de Dieu comme un acte accompli. En Genèse 1.1, « créa » traduit בָּרָא, un verbe au thème simple (qal), à l'accompli, 3e personne masculin singulier.
Quelques précautions
Méfiez-vous des raccourcis du type « en hébreu, ce mot veut vraiment dire… ». Un mot n'a pas un sens caché unique : il a des emplois. C'est pourquoi chaque fiche distingue plusieurs sens, chacun appuyé sur un verset, et présente quand il le faut un débat savant. De même, l'étymologie (la rubrique Racine) éclaire, mais ne commande pas.