Anecdote pour la prédication · Obéissance
« Le sort en est jeté » : Jules César franchit le Rubicon
En janvier 49 avant notre ère, Jules César se trouve à la tête de ses légions dans la Gaule cisalpine. Le Sénat, dominé par ses adversaires, lui ordonne de licencier son armée. Une petite rivière, le Rubicon, marque la limite de sa province. La loi interdit à un général de la franchir en armes : passer cette ligne, c'est déclarer la guerre à Rome.
Suétone raconte qu'arrivé au bord de la rivière, César s'arrête longuement. Il pèse ce qu'il va faire et se tourne vers ceux qui l'entourent : « Nous pouvons encore revenir en arrière. Mais si nous passons ce petit pont, tout devra se régler par les armes. »
Puis il se décide. Selon Suétone, il s'écrie : « Allons où nous appellent les présages des dieux et l'injustice de nos ennemis. Le sort en est jeté. » Plutarque rapporte qu'il prononça la formule en grec : c'était une expression proverbiale, que l'on trouve déjà chez le poète Ménandre. L'armée traverse la rivière.
Il n'y aura pas de retour. Une guerre civile de plusieurs années s'ouvre, qui conduira César au pouvoir absolu, puis à sa mort sous les poignards des sénateurs, en mars 44. Depuis, « franchir le Rubicon » désigne en français une décision irrévocable, après laquelle on ne peut plus faire marche arrière.
Pour la prédication
Suivre Jésus est aussi un Rubicon : il appelle à une décision qui engage toute la vie et ne se reprend pas. Le prédicateur peut s'appuyer sur ce récit pour inviter à calculer la dépense, puis à franchir le pas sans regarder en arrière.
Versets à lire
« Jésus lui répondit: Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu. »Lc 9.62 (Segond 1910)
« Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, »Lc 14.27-28 (Segond 1910)
« Et si vous ne trouvez pas bon de servir l'Éternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. »Jos 24.15 (Segond 1910)