zāhāb זָהָב

Strong H2091 · nom masculin · or · 389 occurrences

L'or, métal précieux par excellence. Il recouvre le mobilier du tabernacle et du Temple, signe de la gloire et de la sainteté de Dieu, mais il devient aussi la matière des idoles et l'image de la richesse qui détourne le cœur.

Racine et étymologie

Le mot zāhāb a des correspondants dans plusieurs langues sémitiques : l'araméen dehab (H1722, employé dans les parties araméennes de Daniel et d'Esdras) et l'arabe dhahab. Certains lexicographes rattachent la racine à une idée d'éclat jaune ou brillant, ce qui conviendrait bien à un métal que l'on reconnaît d'abord à sa couleur ; mais ce rapprochement reste hypothétique. Comme pour beaucoup de noms de matières, le sens se définit par l'usage plutôt que par une étymologie sûre.

L'hébreu possède d'autres mots pour l'or, souvent poétiques : ketem (« or fin », Jb 28.16), paz (« or pur », Ps 19.11 l'emploie à côté de zāhāb), ḥārûṣ (Pr 8.10). La Bible distingue aussi des qualités : « or pur » (zāhāb ṭāhôr), réservé au mobilier du sanctuaire, et l'or d'Ophir, réputé le meilleur. Les textes mentionnent la provenance : Havila dès le jardin d'Éden (Gn 2.11), Ophir et Séba pour le commerce de Salomon.

Le mot sert enfin d'unité de valeur et de poids, compté en sicles ou en talents, et de point de comparaison pour dire ce qui est précieux, pur ou éprouvé.

Sens et emplois

  1. Un don de la création

    Dès la Genèse, l'or appartient aux richesses du monde créé, mentionné dans la description du pays de Havila arrosé par un fleuve d'Éden.

    « L'or de ce pays est pur; »Gn 2.12, Segond 1910
  2. Richesse et bénédiction

    Posséder de l'or est souvent signe de bénédiction, comme pour Abram. Mais la loi met en garde le roi contre l'accumulation de l'or.

    « Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or. »Gn 13.2, Segond 1910
  3. Le métal du sanctuaire

    L'arche, la table, le chandelier et le propitiatoire sont faits ou couverts d'or pur. L'or marque l'espace le plus proche de la présence divine.

    « Tu feras un propitiatoire d'or pur; »Ex 25.17, Segond 1910
  4. La matière des idoles

    Le même or peut devenir une idole. Le veau d'or en est l'exemple fondateur, et la loi interdit expressément des « dieux d'or ».

    « Vous ne ferez point des dieux d'argent et des dieux d'or, »Ex 20.23, Segond 1910
  5. L'or éprouvé au feu

    L'affinage de l'or illustre l'épreuve par laquelle Dieu purifie son peuple ou le juste. L'image passera au Nouveau Testament.

    « Et, s'il m'éprouvait, je sortirais pur comme l'or. »Jb 23.10, Segond 1910

Passerelle hébreu – grec

La Septante rend zāhāb surtout par χρυσίον, « or travaillé, objet d'or », et par χρυσός, « or » au sens de la matière. Le Nouveau Testament emploie ces deux mots, ainsi que l'adjectif χρυσοῦς, « d'or ». Les mages offrent « de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Mt 2.11), écho direct d'Ésaïe 60.6, où les nations apportent « de l'or et de l'encens » à Jérusalem.

L'image de l'affinage traverse aussi les Testaments : Pierre parle de « l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est éprouvé par le feu » (1 P 1.7), dans la lignée de Zacharie 13.9 et de Malachie 3.3. L'Apocalypse, enfin, décrit la Jérusalem nouvelle comme une ville « d'or pur, semblable à du verre pur » (Ap 21.18) : toute la cité devient ce que n'était que le mobilier du sanctuaire. La Vulgate dit aurum.

Le débat

Le tabernacle couvert d'or décrit dans l'Exode est-il le souvenir d'un sanctuaire du désert, ou une projection en arrière du Temple de Jérusalem ?

Le texte lui-même explique l'origine de l'or par les objets reçus des Égyptiens (Ex 3.22) et offerts volontairement. Quelle que soit la datation retenue, le récit a une intention claire : le même or qui avait servi au veau d'or (Ex 32) est ensuite consacré au sanctuaire. La question historique ne doit pas faire oublier ce contraste théologique.

Portée théologique

L'or est dans la Bible un métal ambivalent. Il appartient à la bonne création et sert à honorer Dieu : le sanctuaire en est couvert, non pour étaler une richesse, mais pour signifier que la présence divine mérite ce qu'il y a de plus précieux. Le même métal, pourtant, devient le veau d'or, les idoles dénoncées par Osée, et la confiance trompeuse que Job refuse : « Si j'ai mis dans l'or ma confiance » (Jb 31.24).

La prédication peut suivre ce fil : la question n'est pas l'or lui-même, mais ce qu'on en fait et à qui on le consacre. « L'or est à moi, dit l'Éternel des armées » (Ag 2.8) relativise toute possession. Les sages et les psalmistes déplacent la valeur : la parole de Dieu est plus précieuse que l'or. Le Nouveau Testament achève ce mouvement : Pierre n'a « ni argent, ni or » (Ac 3.6) mais donne le nom de Jésus, et la foi éprouvée vaut plus que l'or, en attendant une cité où l'or pavera les rues.

Chaîne : L'or, de l'idole à la cité de Dieu

  1. Gn 2.12 L'or pur d'Éden : « L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx. »
  2. Ex 3.22 L'or reçu des Égyptiens : « Chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui demeure dans sa maison des vases d'argent, des vases d'or, et des vêtements, que vous mettrez sur vos fils et vos filles. Et vous dépouillerez les Égyptiens. »
  3. Ex 25.17 Le propitiatoire d'or pur : « Tu feras un propitiatoire d'or pur; sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie. »
  4. Ex 32.24 Le veau d'or : « Je leur ai dit: Que ceux qui ont de l'or, s'en dépouillent! Et ils me l'ont donné; je l'ai jeté au feu, et il en est sorti ce veau. »
  5. Dt 17.17 Le roi ne doit pas amasser l'or : « Qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes, afin que son cœur ne se détourne point; et qu'il ne fasse pas de grands amas d'argent et d'or. »
  6. 1 R 6.22 Le Temple couvert d'or : « Il couvrit d'or toute la maison, la maison tout entière, et il couvrit d'or tout l'autel qui était devant le sanctuaire. »
  7. Jb 23.10 Éprouvé comme l'or : « Il sait néanmoins quelle voie j'ai suivie; Et, s'il m'éprouvait, je sortirais pur comme l'or. »
  8. Ps 19.11 Plus précieux que l'or : « Ils sont plus précieux que l'or, que beaucoup d'or fin; Ils sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons. »
  9. Ag 2.8 L'or est à moi : « L'argent est à moi, et l'or est à moi, Dit l'Éternel des armées. »
  10. Mt 2.11 L'or des mages : « Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. »
  11. 1 P 1.7 La foi plus précieuse que l'or : « afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, »
  12. Ap 21.18 La ville d'or pur : « La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or pur, semblable à du verre pur. »

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Bibliographie

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