Anecdote pour la prédication · Obéissance
« Dieu maudira votre repos » : Farel retient Jean Calvin à Genève
En 1536, Jean Calvin a vingt-sept ans. Il vient de publier à Bâle l'« Institution de la religion chrétienne » et ne rêve que d'une chose : une vie tranquille d'étude et d'écriture. Il veut gagner Strasbourg, mais la guerre entre François Ier et Charles Quint l'oblige à faire un détour par Genève. Il compte n'y passer qu'une nuit.
Un ami le reconnaît et prévient Guillaume Farel, le prédicateur fougueux qui a fait adopter la Réforme dans la ville et se sent débordé. Farel se rend aussitôt à l'auberge et presse Calvin de rester pour l'aider. Calvin refuse : il veut étudier, il est timide, il n'est pas fait pour gouverner une Église.
Calvin a raconté la suite vingt ans plus tard, dans la préface de son commentaire des Psaumes. Voyant qu'il ne gagnait rien par les prières, Farel en vint à une menace : il déclara que Dieu maudirait le repos et la tranquillité d'études que Calvin cherchait s'il se retirait et refusait son aide dans une telle nécessité.
« Ce mot me fit tellement peur, écrit Calvin, que je me désistai du voyage que j'avais entrepris. » Il ajoute qu'il eut l'impression que Dieu, du ciel, avait étendu sa main sur lui pour l'arrêter. Le voyageur d'une nuit resta à Genève, avec une interruption, jusqu'à sa mort, vingt-huit ans plus tard.
Pour la prédication
L'appel de Dieu dérange souvent nos projets les plus légitimes. L'anecdote illustre la manière dont Dieu se sert d'un frère pour nous arrêter, comme il arrêta Jonas, et invite à se demander si notre tranquillité n'est pas parfois une fuite devant le service.
Versets à lire
« La parole de l'Éternel fut adressée à Jonas, fils d'Amitthaï, en ces mots: Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle! car sa méchanceté est montée jusqu'à moi. Et Jonas se leva pour s'enfuir à Tarsis, loin de la face de l'Éternel. Il descendit à Japho, et il trouva un navire qui allait à Tarsis; il paya le prix du transport, et s'embarqua pour aller avec les passagers à Tarsis, loin de la face de l'Éternel. »Jon 1.1-3 (Segond 1910)
« Le cœur de l'homme médite sa voie, Mais c'est l'Éternel qui dirige ses pas. »Pr 16.9 (Segond 1910)
« Je répondis: Ah! Seigneur Éternel! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. Et l'Éternel me dit: Ne dis pas: Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai, et tu diras tout ce que je t'ordonnerai. »Jr 1.6-7 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ʿebed : serviteur, esclave nābîʾ : prophète