Anecdote pour la prédication · Courage et persécution
Pierre Durand, pasteur du Désert pendu à Montpellier en 1732
Pierre Durand naît en 1700 au Bouschet de Pranles, en Vivarais. Dans cette France où le culte protestant est interdit depuis 1685, il devient l'un des prédicateurs qui parcourent les campagnes pour rassembler les fidèles en secret. Il rejoint Antoine Court dans son effort pour réorganiser les Églises réformées, et il est consacré pasteur dans les années 1720.
Sa vie est celle d'un fugitif. Il prêche la nuit, dans les bois, les ravins, les granges isolées. Il baptise, marie, célèbre la cène, puis disparaît. Sa tête est mise à prix. Pour faire pression sur lui, les autorités arrêtent sa famille : son père est emprisonné, sa sœur Marie est enfermée à la tour de Constance en 1730.
Au début de 1732, Pierre Durand est arrêté. Il est conduit à Montpellier, jugé et condamné à mort pour avoir exercé le ministère de pasteur. Le 22 avril 1732, il est pendu sur l'esplanade de la ville. Selon les témoignages protestants du temps, il mourut avec fermeté.
Il avait trente et un ans. Sa sœur, dans la tour, apprit sa mort sans pouvoir le revoir. Le petit troupeau qu'il avait servi continua pourtant de se réunir : d'autres pasteurs, formés à la même école, prirent sa place dans les assemblées du Désert.
Pour la prédication
Le bon berger donne sa vie pour ses brebis, et ses serviteurs marchent parfois sur le même chemin. La vie de Pierre Durand illustre le coût du ministère et la fidélité jusqu'à la mort ; elle peut aussi servir à rappeler que l'Église survit à ceux qui la servent.
Versets à lire
« Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. »Jn 10.11 (Segond 1910)
« Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »Ap 2.10 (Segond 1910)
« Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. »2 Tm 4.6-8 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ʿebed : serviteur, esclave thanatos : mort ekklēsia : assemblée, Église