Anecdote pour la prédication · Vérité et intégrité
Refuser de signer : André Trocmé au camp de Saint-Paul-d'Eyjeaux
Le 13 février 1943, au soir, deux gendarmes se présentent au presbytère du Chambon-sur-Lignon pour arrêter le pasteur André Trocmé. Son collègue Édouard Theis et le directeur de l'école publique, Roger Darcissac, sont arrêtés en même temps. Magda Trocmé, qui n'a pas eu le temps de préparer de valise, fait d'abord dîner les gendarmes. Des habitants, apprenant la nouvelle, viennent apporter au pasteur de petits présents pour sa détention.
Les trois hommes sont conduits au camp d'internement de Saint-Paul-d'Eyjeaux, près de Limoges, où sont détenus des opposants au régime de Vichy. Ils y passent plusieurs semaines. Trocmé et Theis y organisent des cultes et des études bibliques avec d'autres prisonniers.
Un jour, on leur annonce leur libération. Une formalité est requise : signer un engagement à obéir sans discussion aux ordres du gouvernement du maréchal Pétain. Darcissac, fonctionnaire, signe. Trocmé et Theis refusent : ils ne peuvent promettre d'obéir à des ordres contraires à leur conscience, alors qu'ils savent que ces ordres incluent la déportation des Juifs. Le directeur du camp s'emporte ; ils sont pourtant libérés sans avoir signé.
Peu après, une grande partie des internés du camp fut déportée. Trocmé rentra au Chambon, où il reprit son ministère et l'accueil des réfugiés, avant de devoir entrer quelque temps dans la clandestinité.
Pour la prédication
Le oui du chrétien doit être oui et son non, non : une signature peut engager la conscience. L'anecdote illustre Matthieu 5.37 et Actes 5.29 ; elle montre la fidélité dans les petits gestes d'intégrité, même quand un compromis semble sans conséquence.
Versets à lire
« Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu'on y ajoute vient du malin. »Mt 5.37 (Segond 1910)
« Pierre et les apôtres répondirent: Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. »Ac 5.29 (Segond 1910)
« Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as élevée. »Dn 3.17-18 (Segond 1910)
« Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. »Mt 6.24 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ʾĕmet : fidélité, vérité alētheia : vérité