Anecdote pour la prédication · Obéissance

« Deux grands objets » : la vocation politique de William Wilberforce

William Wilberforce · 1785-1787 · Londres, Angleterre

En 1784, William Wilberforce a vingt-cinq ans. Député brillant, riche, ami intime du Premier ministre William Pitt, il fréquente les clubs et les salons. Lors d'un voyage sur le continent avec Isaac Milner, qu'il avait connu enfant comme maître à l'école de Hull, il lit un livre de Philip Doddridge sur le progrès de la religion dans l'âme, puis le Nouveau Testament grec. Au fil des mois, il est saisi par la conscience de son péché et de la grâce de Dieu. Il appellera cela son « grand changement ».

Sa première pensée est de quitter la politique, qu'il croit incompatible avec une vie chrétienne sérieuse. En décembre 1785, il va voir en secret John Newton, l'ancien capitaine négrier devenu pasteur à Londres, dont il avait entendu les sermons enfant. Newton le dissuade de se retirer : Dieu, lui dit-il en substance, peut l'avoir placé là pour le bien de l'Église et de la nation. Pitt lui écrit dans le même sens.

Wilberforce reste au Parlement. Bientôt, des amis lui font connaître la réalité de la traite des esclaves. Le 28 octobre 1787, il écrit dans son journal : « Dieu tout-puissant a placé devant moi deux grands objets : la suppression de la traite des esclaves et la réforme des mœurs. »

Il présente son premier grand discours contre la traite en mai 1789. Le combat durera près de vingt ans pour la traite, et plus de quarante pour l'esclavage. Wilberforce ne cessera de le considérer comme une mission reçue de Dieu.

Pour la prédication

La conversion n'oblige pas à fuir le monde mais à y servir Dieu là où il nous a placés. L'anecdote illustre la vocation du chrétien dans la vie publique et le rôle d'un conseiller avisé au moment des grandes décisions.

Versets à lire

« car, si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d'autre part pour les Juifs, et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté? »Est 4.14 (Segond 1910)
« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; »Mt 5.13-14 (Segond 1910)
« On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. »Mi 6.8 (Segond 1910)

Mots hébreux et grecs

ʿebed : serviteur, esclave ṣedāqāh : justice, droiture mišpāṭ : jugement, droit

Thèmes

Obéissance Service Salut et conversion

Source : Journal de William Wilberforce, 28 octobre 1787 ; R. I. et S. Wilberforce, The Life of William Wilberforce (1838). Récit rédigé en français par dictionnaireBiblique.com.

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