zeraʿ זֶרַע
Strong H2233 · nom masculin · semence, descendance · 229 occurrences
La semence végétale, puis la semence humaine et, par extension, la descendance d'un homme. Le mot porte la promesse faite à Abraham et devient, de Genèse 3.15 à Galates 3.16, un fil messianique de toute l'Écriture.
Racine et étymologie
La racine z-r-ʿ, bien attestée dans les langues sémitiques (l'akkadien zēru, l'araméen zarʿā, l'arabe zarʿ), appartient au monde agricole : elle désigne l'action de semer et ce que l'on sème. Le verbe zāraʿ (H2232), « semer », et le nom zeraʿ, « semence », vont ensemble ; le premier décrit le geste du semeur, le second le grain qui tombe en terre et ce qui en sort.
Le passage du champ à la famille se fait naturellement. La semence est ce qui porte la vie d'une génération à la suivante ; le même mot désigne donc la semence de l'homme et, par extension, sa descendance, sa « postérité ». Le mot est presque toujours au singulier, même pour un peuple entier : c'est un collectif, comme notre « lignée ». Ce singulier collectif est grammaticalement important, car il permet de parler à la fois d'un ensemble et d'un individu qui le représente.
De la même racine viennent zerōaʿ, « légumes, graines » (Dn 1.12, sous une forme voisine), et le nom propre Yizreʿel, Jizreel, « Dieu sème », nom d'une plaine fertile et d'un enfant d'Osée dont le sens est retourné en promesse à la fin du chapitre 2 d'Osée.
Sens et emplois
La semence des plantes
Le sens premier, dès le récit de la création : la plante porte en elle la semence qui assure sa propre continuité.
« de l'herbe portant de la semence »Gn 1.11, Segond 1910
Les semailles
Le temps des semis, dans le cycle des saisons que Dieu garantit après le déluge.
« les semailles et la moisson »Gn 8.22, Segond 1910
La descendance promise
Le sens théologique majeur : la postérité d'Abraham, innombrable comme les étoiles, bénéficiaire du pays et porteuse de bénédiction pour les nations.
« Telle sera ta postérité. »Gn 15.5, Segond 1910
La lignée royale
Dans la promesse faite à David, le mot désigne d'abord le fils qui lui succédera, puis toute la dynastie appelée à régner.
« j'élèverai ta postérité après toi »2 S 7.12, Segond 1910
Le reste fidèle
Après le jugement, il demeure une « sainte postérité », une souche d'où Dieu fera repartir son peuple.
« Une sainte postérité renaîtra de ce peuple. »És 6.13, Segond 1910
Passerelle hébreu – grec
La Septante rend zeraʿ presque toujours par σπέρμα, qui a exactement la même double valeur en grec : graine semée et descendance. Le Nouveau Testament hérite de ce vocabulaire. On parle de la « postérité d'Abraham » (Jn 8.33 ; Rm 4.13) ou de la « postérité de David » (Jn 7.42 ; Rm 1.3), en reprenant directement les promesses de la Genèse et de 2 Samuel.
L'argument le plus célèbre se trouve en Galates 3.16 : Paul souligne que la promesse est faite « à ta postérité » au singulier, et il l'applique au Christ. Il joue sur la nature collective du mot, que l'hébreu et le grec partagent : un singulier qui peut désigner un peuple ou un seul représentant. La Vulgate traduit par « semen », et la Segond par « semence » pour les plantes, « postérité » pour les personnes, ce qui masque parfois au lecteur français l'unité du mot.
Le débat
La « postérité » de la femme en Genèse 3.15 désigne-t-elle l'humanité en général ou annonce-t-elle un individu, le Messie ?
- Une annonce messianique (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, vers 180) : Le verset est le « protévangile », première annonce de l'Évangile : un descendant de la femme vaincra le serpent. Argument : le pronom hébreu « lui/celui-ci » est au singulier, et l'Écriture suit ensuite une lignée précise jusqu'au Christ.
- Une lutte collective (Claus Westermann, Genesis 1-11, 1974) : Le texte décrit l'hostilité durable entre l'humanité et le serpent, sans viser un individu. Argument : zeraʿ est un collectif, et le parallèle « ta postérité / sa postérité » oppose deux groupes.
- Un collectif qui se concentre (lecture canonique évangélique) : Le mot vise d'abord la lignée humaine, mais la suite de la Genèse resserre progressivement cette lignée (Seth, Abraham, Juda, David) jusqu'à un représentant unique, ce que Paul explicite en Ga 3.16.
Pris isolément, Genèse 3.15 parle d'un combat entre deux lignées. Mais l'emploi du même mot dans les promesses à Abraham et à David, et le singulier de Galates 3.16, montrent que la Bible elle-même lit ce collectif comme culminant en une personne. Les deux lectures ne s'excluent pas.
Portée théologique
Le mot zeraʿ relie la création et l'alliance. Dieu a mis dans les plantes une semence qui assure la vie ; il met dans l'histoire humaine une descendance qui porte sa promesse. Toute la Genèse est construite sur cette question : la lignée survivra-t-elle, malgré la stérilité de Sara, de Rébecca et de Rachel ? Chaque naissance devient un acte de fidélité de Dieu.
Pour la prédication, ce fil montre que le salut n'est pas une idée abstraite mais une histoire de familles, de générations et de promesses transmises. Ésaïe ajoute un paradoxe : le Serviteur qui livre sa vie « verra une postérité ». Le Nouveau Testament y lit la fécondité de la croix : en Christ, la descendance d'Abraham s'ouvre à tous ceux qui croient, et Paul peut dire aux Galates qu'ils sont, eux aussi, « la postérité d'Abraham ».
Chaîne : La semence promise
- Gn 3.15 La postérité de la femme : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. »
- Gn 12.7 Le pays donné à la postérité : « L'Éternel apparut à Abram, et dit: Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à l'Éternel, qui lui était apparu. »
- Gn 15.5 Comme les étoiles : « Et après l'avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Telle sera ta postérité. »
- Gn 22.18 Bénédiction des nations : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. »
- 2 S 7.12 La lignée de David : « Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles, et j'affermirai son règne. »
- Ps 37.25 La postérité du juste : « J'ai été jeune, j'ai vieilli; Et je n'ai point vu le juste abandonné, Ni sa postérité mendiant son pain. »
- És 6.13 La souche sainte : « Et s'il y reste encore un dixième des habitants, Ils seront à leur tour anéantis. Mais, comme le térébinthe et le chêne Conservent leur tronc quand ils sont abattus, Une sainte postérité renaîtra de ce peuple. »
- És 53.10 Le Serviteur verra une postérité : « Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours; Et l'œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains. »
- Ga 3.16 Une seule postérité : Christ : « Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n'est pas dit: et aux postérités, comme s'il s'agissait de plusieurs, mais en tant qu'il s'agit d'une seule: et à ta postérité, c'est-à-dire, à Christ. »
Mots apparentés
- bēn בֵּן : fils, enfant
- yālad יָלַד : enfanter, engendrer
- berît בְּרִית : alliance
- gôy גּוֹי : nation
- rāḇâ רָבָה : se multiplier, être nombreux
Autres mots du thème « Alliance et fidélité »
- ḥesed : bonté fidèle
- ʾĕmet : fidélité, vérité
- raḥămîm : compassion, entrailles
- ḥēn : faveur, grâce
- ṣedāqāh : justice, droiture
- mišpāṭ : jugement, droit
- eleos : miséricorde
- charis : grâce, faveur
Anecdotes pour prêcher ce mot
- Comme un vent impétueux : David Brainerd et le réveil de Crossweeksung (David Brainerd, août 1745)
- Le grain de blé qui meurt : ce qui se passe sous la terre (Le grain de blé, toujours)
- Le premier converti de Waterbeach : la joie d'un pasteur de dix-sept ans (Charles Spurgeon, 1851)
- Les cendres jetées dans la rivière : le procès posthume de Wycliffe (John Wycliffe, 1428)
- Seul au bord du Zambèze : François Coillard après la mort de Christina (François Coillard, 1891)
- Six ans pour un seul baptême : Adoniram Judson et Maung Nau (Adoniram et Ann Judson, 27 juin 1819)
- Un sermon par semaine pendant soixante ans : la chaire imprimée de Spurgeon (Charles Spurgeon, 1855-1917)
- Un sermon qui porta du fruit quatre-vingts ans après : John Flavel (John Flavel, XVIIe et XVIIIe siècles)
- « Attendez de grandes choses de Dieu » : le sermon de William Carey (William Carey, 31 mai 1792)
- « Dans six mois, l'un de nous sera mort » : l'adieu d'Alexander Mackay (Alexander Mackay, avril 1876)
- « Envoyez-nous un service de communion » : la foi de Mary Moffat (Mary Moffat, vers 1828-1829)
- « Je suis allé au sommet de la montagne » : le dernier sermon de Martin Luther King (Martin Luther King, 3 avril 1968)
Bibliographie
- Claus Westermann, Genesis 1-11, Biblischer Kommentar Altes Testament, Neukirchen, 1974. voir sur Amazon
- Gordon J. Wenham, Genesis 1-15, Word Biblical Commentary 1, Waco, Word Books, 1987. voir sur Amazon
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre V (Sources chrétiennes 152-153). voir sur Amazon
- Gottfried Quell et Siegfried Schulz, art. « σπέρμα », Theological Dictionary of the New Testament, vol. 7. voir sur Amazon
- Francis Brown, S. R. Driver, Charles A. Briggs, A Hebrew and English Lexicon of the Old Testament (BDB), Oxford, 1906. voir sur Amazon
Pour aller plus loin
- Bible d'étude Segond 21
- Vocabulaire de théologie biblique (X. Léon-Dufour)
- Grand dictionnaire de la Bible (Excelsis)
- Nouveau Testament interlinéaire grec-français
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