Anecdote pour la prédication · Obéissance
« Je t'offre mon cœur » : Calvin revient à Genève malgré lui
En 1538, après un conflit avec les magistrats sur la discipline et la cène, Jean Calvin et Guillaume Farel sont chassés de Genève. Calvin s'installe à Strasbourg, où il devient pasteur des réfugiés français. Il y enseigne, écrit, se marie avec Idelette de Bure. Pour la première fois, il est heureux dans son ministère.
Mais Genève sombre dans le désordre, et les nouveaux magistrats finissent par le rappeler. Calvin est épouvanté. Dans ses lettres, il écrit qu'il n'y a pas de lieu sous le ciel qu'il redoute davantage, et qu'il préférerait mourir cent fois plutôt que de reprendre cette croix, où il faudrait mourir mille fois chaque jour.
Pourtant, dans une lettre à Farel, il ajoute : « Quand je me souviens que je ne suis pas à moi, j'offre mon cœur en sacrifice au Seigneur, comme immolé. » De cette phrase viendra sa devise, illustrée par une main tenant un cœur : « Je t'offre mon cœur, Seigneur, promptement et sincèrement. »
En septembre 1541, il rentre à Genève. Le dimanche suivant, la foule attend des règlements de comptes. Calvin monte en chaire, et selon ce qu'il rapportera lui-même, il ne fait aucune allusion aux événements : il reprend simplement l'explication du livre biblique à l'endroit précis où il l'avait laissée trois ans plus tôt.
Pour la prédication
Le service chrétien commence par la reconnaissance que nous ne nous appartenons plus. L'anecdote illustre Rm 12.1 et 1 Co 6.19-20, et montre aussi la force paisible de celui qui, au lieu de se justifier, se remet simplement à prêcher la Parole.
Versets à lire
« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. »Rm 12.1 (Segond 1910)
« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. »1 Co 6.19-20 (Segond 1910)
« J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. »Ga 2.20 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
kardia : cœur qorbān : offrande, ce qu'on apporte à Dieu