Anecdote pour la prédication · Humilité
Couronné malgré lui ? Charlemagne à Saint-Pierre de Rome, Noël 800
À la fin de l'année 800, Charlemagne se rend à Rome. Le pape Léon III, attaqué et maltraité l'année précédente par des adversaires romains, avait cherché refuge et appui auprès du roi des Francs. Le jour de Noël, Charlemagne assiste à la messe dans la basilique Saint-Pierre.
Au moment où il se relève après avoir prié, le pape pose sur sa tête une couronne. L'assemblée l'acclame aussitôt comme empereur des Romains. Pour la première fois depuis plus de trois siècles, l'Occident a de nouveau un empereur.
Éginhard, son biographe et proche, ajoute un détail étonnant. Charlemagne, écrit-il, fut d'abord si opposé à ce titre qu'il affirma qu'il ne serait pas entré dans l'église ce jour-là, bien que ce fût une très grande fête, s'il avait connu à l'avance l'intention du pape. Il supporta ensuite avec patience la jalousie des empereurs de Constantinople, qui s'indignaient de ce titre.
Les historiens discutent de la sincérité de cette réticence. Était-ce de la modestie, ou le refus de tenir sa couronne de la main d'un pape ? Peut-être les deux. Mais le récit d'Éginhard montre au moins ce que l'on attendait d'un souverain chrétien : qu'il ne cherche pas lui-même les honneurs, et qu'il les reçoive comme venant d'ailleurs.
Pour la prédication
Le récit peut ouvrir une réflexion sur la manière de recevoir l'honneur : le chercher pour soi, ou le recevoir de Dieu sans s'en emparer. Il rappelle que Jésus, lui, refusa la couronne que la foule voulait lui donner et attendit celle que le Père lui réservait.
Versets à lire
« Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. »Lc 14.11 (Segond 1910)
« Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable; »1 P 5.6 (Segond 1910)
« Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul. »Jn 6.15 (Segond 1910)