Anecdote pour la prédication · Grâce
Sauvée par une lettre : la comtesse de Huntingdon et « pas beaucoup de nobles »
Récit traditionnel : il est rapporté de longue date, mais son historicité exacte n'est pas établie. À présenter comme « on raconte que… ».
La comtesse de Huntingdon avait l'habitude d'entendre des nobles sourire de sa piété. Dans les salons de Londres, on trouvait étrange qu'une femme de son rang fréquente des prédicateurs méthodistes, prie avec des domestiques et parle de péché et de conversion.
On raconte qu'un jour, pour expliquer pourquoi si peu de gens de son milieu prenaient l'Évangile au sérieux, et pourquoi elle se savait néanmoins sauvée, elle cita la première épître aux Corinthiens. L'apôtre Paul y écrit aux chrétiens de Corinthe : « Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. »
Elle aurait alors fait remarquer, en jouant sur le texte anglais, que Paul n'a pas écrit « pas un seul noble » (« not any ») mais « pas beaucoup de nobles » (« not many »), et qu'elle devait donc son salut à la lettre M.
Le mot est rapporté dans de nombreux recueils de sermons, en Angleterre puis en Amérique, toujours attribué à la comtesse, mais sans référence précise. Il pourrait aussi bien avoir été mis dans sa bouche par un prédicateur.
Vrai ou non, il résume bien la situation d'une femme qui avait choisi de vivre parmi les humbles. Et il rappelle que la grâce de Dieu, si elle choisit de préférence ce qui est faible aux yeux du monde, n'exclut personne.
Pour la prédication
Dieu choisit ce qui est faible et méprisé pour confondre ce qui est fort, mais sa grâce n'exclut personne, pas même les puissants. L'anecdote, présentée comme une tradition, peut introduire avec un sourire une prédication sur 1 Corinthiens 1.26-29.
Versets à lire
« Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. »1 Co 1.26-29 (Segond 1910)
« Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés, et dirent: Qui peut donc être sauvé? Jésus les regarda, et leur dit: Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible. »Mt 19.24-26 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
charis : grâce, faveur sophia : sagesse