Anecdote pour la prédication · Grâce
La greffe : un rameau étranger qui vit de la sève d'un autre
Un pépin de belle pomme, semé en terre, ne donne presque jamais une belle pomme : l'arbre qui en naît ressemble rarement à son parent. Pour reproduire une variété, les arboriculteurs recourent depuis l'Antiquité à la greffe, déjà décrite par les agronomes grecs et romains.
Le principe est simple et délicat. On choisit un porte-greffe, un arbre jeune et vigoureux, bien enraciné. On y pratique une entaille et l'on y insère un greffon, rameau prélevé sur l'arbre dont on veut les fruits. Le point décisif est invisible : sous l'écorce se trouve une fine couche de cellules vivantes, le cambium. Il faut que celle du greffon touche exactement celle du porte-greffe. On ligature, on recouvre de cire ou de mastic pour empêcher le dessèchement, puis on attend.
Si la greffe prend, les tissus se soudent. La sève du porte-greffe monte dans le rameau étranger, qui bourgeonne et grandit. Le greffon garde sa propre nature : il donnera les fruits de sa variété, mais il ne vit que de ce que lui fournissent des racines qui ne sont pas les siennes.
Paul emploie l'image en sens inverse de la pratique ordinaire. On greffe d'habitude une bonne variété sur un sauvageon ; lui parle d'un olivier sauvage greffé sur l'olivier franc, greffé, dit-il lui-même, « contrairement à ta nature ». Les païens, rameaux sauvages, ont été insérés dans l'arbre d'Israël et participent à sa racine et à sa sève.
Pour la prédication
Le croyant ne porte pas de fruit par lui-même : il a été greffé, par grâce, sur une racine qu'il n'a pas plantée (Rm 11.17-18). L'image combat l'orgueil et invite à demeurer uni à Christ, comme le greffon à l'arbre qui le porte, pour recevoir la vie qui seule fait fructifier.
Versets à lire
« Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier, ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte. »Rm 11.17-18 (Segond 1910)
« Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier. »Rm 11.24 (Segond 1910)
« que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. »Ep 2.12-13 (Segond 1910)