Anecdote pour la prédication · Mort et espérance
Le dernier cantique de Charles Wesley, dicté sur son lit de mort
Pendant un demi-siècle, Charles Wesley a écrit des cantiques presque chaque jour : sur les fêtes chrétiennes, sur la naissance de ses enfants, sur un tremblement de terre, sur les mineurs, sur les prisonniers, sur la mort. On lui en attribue plus de six mille.
Au printemps 1788, il a quatre-vingts ans et sait que sa fin approche. Il est si faible qu'il ne peut plus écrire. Un jour, il appelle sa femme, Sarah, et lui demande de noter quelques vers qu'il vient de composer. Elle les écrit sous sa dictée. Ce sont, à notre connaissance, les derniers vers du plus prolifique auteur de cantiques de langue anglaise. On peut les rendre ainsi :
« Dans l'âge et l'extrême faiblesse, qui rachètera un ver pécheur ? Jésus, tu es mon seul espoir, force de ma chair et de mon cœur qui défaillent. Oh ! si je pouvais saisir un seul sourire de toi, et me laisser tomber dans l'éternité ! »
Pas un mot sur son œuvre, sur les foules qui chantent ses cantiques, sur le réveil qu'il a vu naître. Le poète âgé ne se présente devant Dieu qu'avec sa faiblesse et son besoin de grâce, exactement comme le jeune homme malade qui, cinquante ans plus tôt, avait trouvé la paix sur son lit.
Charles Wesley meurt le 29 mars 1788. Son frère John, en voyage, apprend la nouvelle avec retard ; quelques semaines plus tard, dit-on, en voulant faire chanter un cantique de son frère, il fondit en larmes.
Pour la prédication
Au terme de la vie chrétienne, on ne compte pas sur ses œuvres mais sur Christ seul. Ces derniers vers, qui font écho au Psaume 73.26, peuvent conclure une prédication sur l'espérance des croyants âgés ou sur la grâce qui reste nécessaire jusqu'au bout.
Versets à lire
« Ma chair et mon cœur peuvent se consumer: Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. »Ps 73.26 (Segond 1910)
« et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. »2 Co 12.9 (Segond 1910)
« car Christ est ma vie, et la mort m'est un gain. »Ph 1.21 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
elpis : espérance charis : grâce, faveur bāśār : chair, corps, être humain