Anecdote pour la prédication · Souffrance et épreuve
Une porte fermée à double tour : C. S. Lewis dans le deuil
Célibataire endurci jusqu'à près de soixante ans, C. S. Lewis épouse en 1956 l'écrivaine américaine Joy Davidman, convertie en partie grâce à ses livres. Le mariage est d'abord une formalité civile pour qu'elle puisse rester en Angleterre. Mais lorsqu'on découvre à Joy un cancer des os, Lewis comprend qu'il l'aime. En mars 1957, un prêtre les marie religieusement au chevet de l'hôpital. Contre toute attente, Joy connaît une rémission : trois années de bonheur que Lewis n'avait jamais connues.
Le cancer revient. Joy meurt le 13 juillet 1960. Lewis, l'apologète qui avait écrit avec assurance sur le problème de la souffrance, est anéanti. Il remplit des cahiers de notes brutes, publiées l'année suivante sous un pseudonyme.
Il y écrit qu'au moment où l'on est heureux, Dieu semble accueillir à bras ouverts, mais qu'au moment du besoin désespéré, on trouve « une porte claquée au nez, et le bruit d'un verrou que l'on tire, puis d'un second ». Il ne doute pas tant de l'existence de Dieu que de sa bonté. Il ose écrire ses colères.
Puis, au fil des cahiers, le ton change. Lewis remarque que ses cris l'empêchaient d'entendre ; que la porte n'était peut-être pas verrouillée. Le souvenir de Joy redevient plus net quand il cesse de s'y agripper. Il ne trouve pas de réponse, mais une présence. Le livre, traduit en français sous le titre « Apprendre la mort », est devenu l'un des plus lus par ceux qui traversent le deuil.
Pour la prédication
Le deuil peut ébranler la foi la plus solide, et l'Écriture elle-même, de Job aux Psaumes, laisse place à la plainte. Lewis montre qu'on peut crier vers Dieu sans le quitter, et que la consolation vient souvent après le silence. À utiliser avec délicatesse dans une prédication sur le Psaume 13 ou Job.
Versets à lire
« Au chef des chantres. Psaume de David. Jusques à quand, Éternel! m'oublieras-tu sans cesse? Jusques à quand me cacheras-tu ta face? Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon âme, Et chaque jour des chagrins dans mon cœur? Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi? »Ps 13.1-3 (Segond 1910)
« Mais, si je vais à l'orient, il n'y est pas; Si je vais à l'occident, je ne le trouve pas; Est-il occupé au nord, je ne puis le voir; Se cache-t-il au midi, je ne puis le découvrir. Il sait néanmoins quelle voie j'ai suivie; Et, s'il m'éprouvait, je sortirais pur comme l'or. »Jb 23.8-10 (Segond 1910)
« Car le Seigneur Ne rejette pas à toujours. Mais, lorsqu'il afflige, Il a compassion selon sa grande miséricorde; Car ce n'est pas volontiers qu'il humilie Et qu'il afflige les enfants des hommes. »Lm 3.31-33 (Segond 1910)
« Heureux les affligés, car ils seront consolés! »Mt 5.4 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
paraklētos : défenseur, consolateur thanatos : mort