Anecdote pour la prédication · Foi et confiance

« Je resterais avec le Christ » : la confession de foi de Dostoïevski

Fiodor Dostoïevski · février 1854 · Omsk, Russie

Au début de 1854, Fiodor Dostoïevski sort du bagne d'Omsk après quatre ans de travaux forcés. Il a vécu enchaîné, au milieu de voleurs et d'assassins, sans jamais être seul. Il a souffert de crises d'épilepsie. Avant de rejoindre son régiment, il écrit une longue lettre à Natalia Fonvizina, l'une des femmes de décembristes qui lui avaient offert un Nouveau Testament à Tobolsk, quatre ans plus tôt.

Il ne lui cache rien de ses luttes. « Je suis un enfant du siècle, un enfant de l'incroyance et du doute », écrit-il, et il ajoute qu'il le restera sans doute jusqu'à la tombe. La soif de croire lui a coûté de terribles tourments.

Mais il lui confie aussi que Dieu lui envoie parfois des instants de paix parfaite. C'est dans ces moments, dit-il, qu'il a formulé pour lui-même un symbole de foi très simple : croire qu'il n'y a rien de plus beau, de plus profond, de plus aimable, de plus raisonnable, de plus courageux et de plus parfait que le Christ.

Puis vient la phrase restée célèbre : « Bien plus, si quelqu'un me prouvait que le Christ est hors de la vérité, et s'il était réellement établi que la vérité est hors du Christ, j'aimerais mieux rester avec le Christ qu'avec la vérité. »

L'homme qui écrivait ces lignes n'avait pas résolu tous ses doutes. Mais au sortir du bagne, au milieu d'eux, il avait choisi à qui s'attacher.

Pour la prédication

La foi n'est pas l'absence de doute mais l'attachement à une personne. Comme Pierre disant « À qui irions-nous ? », Dostoïevski choisit le Christ au cœur de ses luttes. On pourra préciser que, pour l'Évangile, il n'y a pas à choisir : le Christ est lui-même la vérité.

Versets à lire

« Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. »Jn 6.67-69 (Segond 1910)
« Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »Jn 14.6 (Segond 1910)
« Aussitôt le père de l'enfant s'écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité! »Mc 9.24 (Segond 1910)

Mots hébreux et grecs

pistis : foi, confiance, fidélité alētheia : vérité Christos : Christ, oint, Messie

Thèmes

Foi et confiance Souffrance et épreuve Vérité et intégrité

Source : Lettre de F. Dostoïevski à Natalia Fonvizina, Omsk, février 1854. Récit rédigé en français par dictionnaireBiblique.com.

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