Anecdote pour la prédication · Souffrance et épreuve
Douze ans de galères pour sa foi : les Mémoires de Jean Marteilhe
Jean Marteilhe, né à Bergerac en 1684, n'est encore qu'un adolescent lorsqu'il tente de quitter la France avec un ami pour pouvoir vivre ouvertement sa foi protestante. L'émigration est interdite aux huguenots. Les deux jeunes gens sont arrêtés près de la frontière, vers 1700, et condamnés aux galères à perpétuité.
Commence alors une longue épreuve. Enchaîné à son banc avec des forçats de droit commun, Marteilhe rame sur les galères du roi, d'abord à Dunkerque. On lui propose à plusieurs reprises la liberté s'il abjure ; il refuse. Lors d'un combat naval contre des navires anglais, il est gravement blessé et manque de mourir. Il connaît les coups, la faim, les cachots, mais aussi la fraternité des « forçats pour la foi », qui prient et s'encouragent entre eux.
En 1713, après la paix d'Utrecht, la reine Anne d'Angleterre intervient auprès de Louis XIV en faveur des galériens protestants. Plus d'une centaine d'entre eux, dont Marteilhe, sont libérés à condition de quitter le royaume. Il gagne les Provinces-Unies.
Des années plus tard paraissent à Rotterdam, en 1757, ses Mémoires d'un protestant condamné aux galères de France pour cause de religion. Le récit, sobre et précis, sans haine, frappa ses lecteurs ; il reste l'un des témoignages les plus saisissants sur la persécution des huguenots.
Pour la prédication
Les chaînes ne peuvent lier la foi de celui qui appartient à Christ. Marteilhe illustre la fidélité de ceux qui préfèrent la souffrance au reniement, et la communion fraternelle au cœur de l'épreuve ; on peut le citer à propos des chrétiens persécutés aujourd'hui.
Versets à lire
« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps. »Hé 13.3 (Segond 1910)
« C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. »Mt 10.32-33 (Segond 1910)
« Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; »2 Co 4.8-9 (Segond 1910)
« Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. »Rm 8.35-37 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
pistis : foi, confiance, fidélité ʾāman : être ferme ; croire