Anecdote pour la prédication · Amour du prochain

À 75 ans sur la route de Genève : le dernier adieu de Farel à Calvin

Guillaume Farel · mai 1564 · Neuchâtel et Genève, Suisse

Guillaume Farel et Jean Calvin sont liés depuis 1536, lorsque Farel a retenu le jeune théologien à Genève. Pendant près de trente ans, les deux hommes s'écrivent, se conseillent et parfois se reprennent avec franchise. Farel a vingt ans de plus que Calvin.

Au printemps de 1564, Calvin est mourant à Genève. Farel, pasteur à Neuchâtel, a environ soixante-quinze ans. Il annonce son intention de venir le voir. Le 2 mai, Calvin, trop faible pour écrire lui-même longuement, lui fait envoyer une lettre d'adieu. Il le prie de ne pas se fatiguer pour lui, lui dit adieu comme à son « très bon et très cher frère », et se réjouit de ce que leur amitié aura du fruit au ciel.

Farel vient malgré tout. Le vieillard fait le voyage de Neuchâtel à Genève pour voir une dernière fois son ami. Il le trouve à l'agonie, s'entretient avec lui, puis repart. Calvin meurt le 27 mai 1564.

Farel lui survit un peu plus d'un an. Il continue de prêcher, entreprend encore un voyage à Metz, où il avait jadis annoncé l'Évangile, et meurt à Neuchâtel en septembre 1565. Le plus âgé des deux avait accompagné le plus jeune jusqu'au bord de la tombe.

Pour la prédication

L'amitié chrétienne se montre jusqu'au bout, comme celle de David et Jonathan ou de Paul et Timothée. L'anecdote illustre la fidélité dans l'amitié et l'espérance de se retrouver dans la présence de Dieu ; elle convient pour un service funèbre ou une prédication sur la communion fraternelle.

Versets à lire

« L'ami aime en tout temps, Et dans le malheur il se montre un frère. »Pr 17.17 (Segond 1910)
« David avait achevé de parler à Saül. Et dès lors l'âme de Jonathan fut attachée à l'âme de David, et Jonathan l'aima comme son âme. »1 S 18.1 (Segond 1910)
« Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n'ont point d'espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts. »1 Th 4.13-14 (Segond 1910)
« me rappelant tes larmes, et désirant te voir afin d'être rempli de joie, »2 Tm 1.4 (Segond 1910)

Mots hébreux et grecs

phileō : aimer d'affection ; embrasser agapē : amour, charité elpis : espérance

Thèmes

Amour du prochain Mort et espérance Église et communion

Source : Correspondance de Calvin, lettre à Farel du 2 mai 1564 ; Théodore de Bèze, Vie de Calvin (1564). Récit rédigé en français par dictionnaireBiblique.com.

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