Anecdote pour la prédication · Salut et conversion
L'amertume changée en douceur : François d'Assise et le lépreux
Fils d'un riche marchand de drap, le jeune François d'Assise aime les fêtes, les beaux habits et rêve de gloire militaire. Il a pourtant une répulsion particulière : les lépreux. À l'époque, ils vivent à l'écart des villes, et leur vue le dégoûte au point que, selon ses premiers biographes, il se bouchait le nez en passant près de leurs maisons.
Peu après une maladie et une expédition militaire avortée, François commence à changer. Ses biographes, Thomas de Celano en tête, racontent qu'un jour, alors qu'il chevauchait près d'Assise, il rencontra un lépreux. Malgré l'horreur qu'il ressentait, il descendit de cheval, lui donna une pièce de monnaie et lui baisa la main. Il remonta en selle, transformé. Dans les jours suivants, il se rendit à la léproserie, distribua de l'argent aux malades et les embrassa.
À la fin de sa vie, en 1226, François évoque lui-même ce moment dans son Testament, comme le commencement de sa conversion : « Le Seigneur m'a donné ainsi, à moi frère François, de commencer à faire pénitence : lorsque j'étais dans les péchés, il me semblait trop amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux, et je fis miséricorde avec eux. Et en m'en allant de chez eux, ce qui me semblait amer se changea pour moi en douceur de l'âme et du corps. Et ensuite, je demeurai un peu, et je sortis du siècle. »
Les premiers frères qui le rejoignirent furent invités, à leur tour, à servir dans les léproseries.
Pour la prédication
François ne dit pas qu'il a vaincu sa répulsion par effort : « le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ». L'anecdote montre comment Dieu transforme nos dégoûts en compassion. Elle peut accompagner Marc 1.40-41, où Jésus touche un lépreux.
Versets à lire
« Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d'un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur. »Mc 1.40-41 (Segond 1910)
« Ce que Jésus ayant entendu, il dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez, et apprenez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »Mt 9.12-13 (Segond 1910)
« Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »2 Co 5.17 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
eleos : miséricorde raḥămîm : compassion, entrailles metanoia : repentance, conversion