Anecdote pour la prédication · Salut et conversion
Le sermon qui troubla John Cotton : Richard Sibbes à Cambridge
Au début du XVIIe siècle, John Cotton est un brillant universitaire de Cambridge, fellow du collège Emmanuel, admiré pour son érudition et son éloquence. Il connaît la piété des puritains mais s'en tient à distance. Selon Cotton Mather, qui écrira son histoire, il avait même éprouvé une secrète satisfaction en entendant sonner le glas du grand prédicateur William Perkins, comme si un reproche vivant venait de se taire.
C'est pourtant un sermon de Richard Sibbes, alors prédicateur à Cambridge, qui l'atteint. Sibbes y parle de la régénération et montre la misère de ceux qui n'ont qu'une vertu morale sans être nés de nouveau. Cotton se reconnaît. Il en reste troublé longtemps, environ trois ans selon Mather, avant de trouver la paix en Christ.
Le changement se voit dans sa prédication. Lorsqu'il doit de nouveau prêcher devant l'université à Sainte-Marie, on attend de lui un discours orné de citations savantes. Il prêche simplement, sur la repentance, au grand dépit d'une partie de l'auditoire. Mais un jeune universitaire présent, John Preston, en est saisi et se convertit ; il deviendra lui-même un prédicateur puritain influent.
Quant à Cotton, il émigre en 1633 en Nouvelle-Angleterre, où il devient pasteur à Boston et l'une des figures majeures de la colonie. Toute une chaîne de vies, en Angleterre et en Amérique, remonte ainsi à un sermon de Sibbes sur la nouvelle naissance.
Pour la prédication
La vertu extérieure ne remplace pas la nouvelle naissance (Jn 3.3). L'anecdote montre aussi comment Dieu fait passer sa Parole de main en main : Sibbes touche Cotton, Cotton touche Preston. On peut s'en servir pour parler de la transmission de l'Évangile (2 Tm 2.2).
Versets à lire
« Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »Jn 3.3 (Segond 1910)
« Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l'enseigner aussi à d'autres. »2 Tm 2.2 (Segond 1910)
« et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »1 Co 2.4-5 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
metanoia : repentance, conversion pneuma : souffle, esprit, Esprit