Anecdote pour la prédication · Humilité
Un mot pour cinquante ans de recherche : « échec », selon Lord Kelvin
En juin 1896, l'université de Glasgow célèbre le jubilé de William Thomson, Lord Kelvin : cinquante ans qu'il y occupe la chaire de philosophie naturelle. Il y est entré comme professeur à vingt-deux ans. Les festivités durent plusieurs jours. Des délégations venues du monde entier, des centaines d'invités, des savants illustres et des représentants de nombreuses universités viennent honorer celui qu'on considère comme l'un des plus grands physiciens de son siècle. Les adresses de félicitations s'accumulent ; on salue ses travaux sur la chaleur, l'électricité, la télégraphie, la navigation.
Vient le moment où Kelvin doit répondre. Devant cette assemblée venue célébrer ses succès, il déclare : « Un seul mot caractérise les efforts les plus acharnés que j'aie faits avec persévérance pendant cinquante-cinq ans pour l'avancement de la science ; ce mot est : échec. » Il explique qu'il n'en sait pas davantage sur la nature de la force électrique et magnétique, ni sur les rapports entre l'éther, l'électricité et la matière, que ce qu'il tentait d'enseigner à ses étudiants lors de sa première année de professorat.
Il ajoute qu'un tel échec ne va pas sans quelque tristesse, mais que l'effort même de la recherche porte en lui sa joie et permet au savant d'être heureux dans son travail quotidien.
Le soir de son triomphe, l'homme le plus honoré de la science britannique choisissait de parler non de ce qu'il avait trouvé, mais de ce qui lui échappait encore.
Pour la prédication
Reconnaître les limites de notre connaissance n'est pas une défaite mais le début de la sagesse. Comme Paul qui ne pensait pas avoir saisi le but, Kelvin continuait à chercher. L'anecdote illustre l'humilité et la persévérance, et convient à une prédication sur Philippiens 3 ou Ecclésiaste 3.11.
Versets à lire
« Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus-Christ. Frères, je ne pense pas l'avoir saisi; mais je fais une chose: oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. »Ph 3.12-14 (Segond 1910)
« Il fait toute chose bonne en son temps; même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin. »Ec 3.11 (Segond 1910)
« Si quelqu'un croit savoir quelque chose, il n'a pas encore connu comme il faut connaître. »1 Co 8.2 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ḥokmâ : sagesse, habileté sophia : sagesse