Anecdote pour la prédication · Humilité
Le savant et le chaudronnier : John Owen écoute John Bunyan
Récit traditionnel : il est rapporté de longue date, mais son historicité exacte n'est pas établie. À présenter comme « on raconte que… ».
John Owen est l'un des plus grands théologiens anglais du XVIIe siècle. Ancien vice-chancelier de l'université d'Oxford, aumônier de Cromwell, auteur de traités savants sur l'Épître aux Hébreux, sur l'Esprit saint, sur la mortification du péché, il est respecté même de ses adversaires. Après 1662, il fait partie des pasteurs non conformistes exclus de l'Église d'Angleterre et prêche à Londres à de petites assemblées.
John Bunyan, lui, est un artisan qui raccommode les chaudrons. Il n'a fréquenté aucune université et ne lit ni le grec ni le latin. On sait qu'Owen l'estimait : il intervint, semble-t-il, pour obtenir sa libération lors de sa seconde détention, et c'est l'éditeur d'Owen qui publia le Voyage du pèlerin.
On raconte qu'un jour le roi Charles II demanda à Owen comment un homme aussi instruit que lui pouvait aller écouter les sermons d'un chaudronnier illettré. Owen aurait répondu : « Si je pouvais posséder le talent de ce chaudronnier pour prêcher, je renoncerais volontiers, plaise à Votre Majesté, à toute ma science. »
La parole n'est pas attestée par un témoin direct, et l'on ignore où et quand elle aurait été prononcée. Mais elle est restée attachée aux deux hommes, parce qu'elle dit vrai de l'un et de l'autre : la profondeur du théologien qui sait reconnaître le don de Dieu chez un plus humble que lui, et la puissance d'un prédicateur que l'Esprit avait formé à l'école de la Bible et de l'épreuve.
Pour la prédication
Dieu choisit les choses faibles du monde pour confondre les fortes (1 Co 1.27). L'anecdote, à présenter comme une tradition, peut servir à parler de l'humilité intellectuelle et de l'onction de l'Esprit qui ne dépend pas des diplômes.
Versets à lire
« Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; »1 Co 1.26-27 (Segond 1910)
« Lorsqu'ils virent l'assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus. »Ac 4.13 (Segond 1910)
« Alors il reprit et me dit: C'est ici la parole que l'Éternel adresse à Zorobabel: Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Éternel des armées. »Za 4.6 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
sophia : sagesse pneuma : souffle, esprit, Esprit