Anecdote pour la prédication · Amour du prochain
Jusqu'au bout du don : le dernier Noël de Lottie Moon
En 1912, la Chine est secouée par la révolution qui a renversé l'empire, et le Shandong connaît la famine et des épidémies. Lottie Moon a soixante-douze ans. Elle vit à Dengzhou, au milieu de gens qu'elle connaît depuis près de quarante ans, et elle voit ses voisins mourir de faim.
Elle donne ce qu'elle a. Son argent part pour secourir les affamés ; elle écrit à la société missionnaire pour réclamer de l'aide. Ses collègues découvrent peu à peu qu'elle se nourrit à peine : selon le récit traditionnel, elle partageait ses propres rations ; ses biographes y ajoutent un profond épuisement physique et moral. Elle s'affaiblit, devient d'une maigreur extrême. On rapporte qu'elle ne pesait plus qu'une vingtaine de kilos. Son esprit lui-même commence à vaciller.
Inquiets, ses collègues décident de la renvoyer aux États-Unis pour la soigner et la confient à une infirmière missionnaire, Cynthia Miller. Le voyage commence en décembre. Mais l'état de Lottie Moon se dégrade encore. Le 24 décembre 1912, alors que le navire fait escale dans le port de Kobe, au Japon, elle meurt, la veille de Noël.
Ses cendres furent rapportées en Virginie. Celle qui avait proposé, vingt-cinq ans plus tôt, une offrande de Noël pour les missions mourut à Noël, ayant tout donné à ceux qu'elle était venue servir. Quelques années plus tard, cette offrande reçut son nom.
Pour la prédication
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. La fin de Lottie Moon illustre un amour qui ne calcule pas, à l'image du Christ qui s'est donné lui-même. On peut aussi l'utiliser avec nuance pour parler de la compassion concrète envers les affamés.
Versets à lire
« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »Jn 15.13 (Segond 1910)
« Nous avons connu l'amour, en ce qu'il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui? Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. »1 Jn 3.16-18 (Segond 1910)
« Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l'âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l'obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. »És 58.10 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
agapē : amour, charité raḥămîm : compassion, entrailles