Anecdote pour la prédication · Générosité
Invité pour une semaine, resté trente-six ans : Isaac Watts chez les Abney
En 1712, Isaac Watts a trente-huit ans. Il est pasteur d'une importante Église indépendante de Londres, mais une grave maladie l'abat : fièvres, épuisement nerveux, incapacité de prêcher. Il est petit, frêle et célibataire.
Sir Thomas Abney, riche marchand, ancien lord-maire de Londres et membre de son Église, l'invite à venir se reposer une semaine dans sa propriété de Theobalds, au nord de la capitale. Watts accepte. La semaine se prolonge. Les Abney s'attachent à lui, et lui à leurs enfants. Après la mort de Sir Thomas en 1722, sa veuve continue de l'accueillir, d'abord à Theobalds puis dans leur maison de Stoke Newington.
Watts y passa le reste de sa vie. Il y écrivit une grande partie de son œuvre : traités de théologie, manuel de logique utilisé dans les universités, et surtout les « Chants divins » pour les enfants, qui furent appris par cœur par des générations de petits Anglais. Il continua aussi à prêcher quand sa santé le permettait.
Vers la fin de sa vie, recevant la visite de la comtesse de Huntingdon, il lui fit remarquer, d'après un témoignage rapporté par ses biographes, que c'était l'anniversaire du jour où il était arrivé dans cette maison pour une seule semaine, et qu'il y était depuis trente ans. Lady Abney répondit qu'elle considérait ce séjour comme le plus court qu'un ami ait jamais fait chez elle. Watts mourut à Stoke Newington en 1748, après trente-six ans d'hospitalité.
Pour la prédication
L'hospitalité chrétienne peut changer le cours d'un ministère : sans la maison des Abney, l'Église n'aurait peut-être pas reçu une grande partie de l'œuvre de Watts. Le récit illustre Hébreux 13.2 et Romains 12.13 et honore ceux qui servent en coulisses.
Versets à lire
« N'oubliez pas l'hospitalité; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »Hé 13.2 (Segond 1910)
« Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l'hospitalité. »Rm 12.13 (Segond 1910)
« Exercez l'hospitalité les uns envers les autres, sans murmures. Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu'il a reçu, »1 P 4.9-10 (Segond 1910)