Anecdote pour la prédication · Providence
L'orage de Stotternheim : le vœu qui fit de Martin Luther un moine
Le 2 juillet 1505, un étudiant en droit de vingt et un ans regagne à pied l'université d'Erfurt après un séjour chez ses parents, à Mansfeld. Son père, Hans Luther, a travaillé dur dans les mines de cuivre pour lui payer ses études : il le voit déjà juriste, bien marié, utile à la famille.
Près du village de Stotternheim, un violent orage éclate. La foudre tombe tout près du jeune homme et le jette à terre. Terrifié, Martin Luther crie : « Aide-moi, sainte Anne, je veux devenir moine ! » Sainte Anne était la patronne des mineurs ; c'est le nom qui vient spontanément aux lèvres d'un fils de mineur.
Quinze jours plus tard, malgré les amis qui tentent de l'en dissuader, il offre un dernier repas à ses camarades et frappe à la porte du couvent des augustins ermites d'Erfurt. Hans Luther est furieux et lui demande s'il n'a jamais entendu qu'il faut honorer père et mère. Il se demande aussi si cet « appel » venu de l'orage n'était pas un piège du diable.
Luther lui-même reviendra souvent sur ce jour. Il dira qu'il était entré au couvent non par amour, mais par peur de la mort et du jugement. Au monastère, il cherchera la paix de l'âme par les jeûnes, les veilles et les confessions interminables, sans la trouver. Le chemin qui devait le conduire à la grâce commençait par une terreur sous l'orage.
Pour la prédication
Dieu peut se servir d'un vœu dicté par la peur, mais la peur ne donne pas la paix : Luther l'apprendra en découvrant que le salut est un don. L'anecdote permet de distinguer la crainte servile de la foi confiante et d'introduire la question : sur quoi repose notre assurance devant Dieu ?
Versets à lire
« Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! »Rm 8.15 (Segond 1910)
« La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. »1 Jn 4.18 (Segond 1910)
« Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l'Éternel; Et la science des saints, c'est l'intelligence. »Pr 9.10 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
yirʾāh : crainte pistis : foi, confiance, fidélité