Anecdote pour la prédication · Parole de Dieu
Le chevalier Georges de la Wartburg : Luther traduit le Nouveau Testament
Le 4 mai 1521, sur le chemin du retour de Worms, la voiture de Martin Luther est arrêtée dans une forêt de Thuringe par des cavaliers armés. Ses compagnons croient à un enlèvement. En réalité, l'électeur Frédéric le Sage a fait mettre à l'abri le moine mis au ban de l'Empire. Pendant la nuit, on le conduit au château de la Wartburg, au-dessus d'Eisenach.
Pour ne pas être reconnu, Luther quitte l'habit, laisse pousser ses cheveux et sa barbe, et devient « le chevalier Georges ». Seul, souvent malade, assailli de tentations, il appelle ce refuge son « Patmos ». Il écrit beaucoup de lettres et de traités.
En décembre, il entreprend une tâche immense : traduire le Nouveau Testament du grec en allemand, à partir de l'édition d'Érasme. En onze semaines environ, il achève le premier jet. Il ne veut pas d'un allemand de clercs ; il veut, dira-t-il plus tard, écouter la mère dans sa maison, les enfants dans la rue, l'homme du commun au marché, et leur regarder la bouche pour savoir comment ils parlent.
Revu avec Melanchthon, le texte paraît en septembre 1522 : on l'appelle le « Testament de septembre ». Plusieurs milliers d'exemplaires sont vendus en quelques mois et les rééditions se succèdent. Ce que l'Empire avait voulu faire taire se mettait à parler la langue du peuple.
Pour la prédication
Dieu transforme un exil forcé en temps fécond : la mise à l'écart de Luther a donné la Bible au peuple allemand. L'anecdote montre aussi que la Parole doit être rendue compréhensible à chacun, dans sa propre langue, comme à la Pentecôte.
Versets à lire
« Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle? »Ac 2.8 (Segond 1910)
« Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier. »Ps 119.105 (Segond 1910)
« Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu'ils avaient lu. »Né 8.8 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
graphē : écrit, Écriture dābār : parole ; chose, affaire