Anecdote pour la prédication · Courage et persécution
Le fils du bourreau : le martyre de Mbaga Tuzinde
Parmi les jeunes chrétiens condamnés par le roi Mwanga en mai 1886 se trouve un page d'environ dix-sept ans, Mbaga Tuzinde. Il vient d'être baptisé. Son cas est particulier : il est le fils de Mukajanga, le chef des bourreaux du royaume, celui-là même qui est chargé de conduire l'exécution de Namugongo.
Pendant les jours d'attente avant le bûcher, le père tente tout pour sauver son fils. Il le supplie de renoncer à sa foi, ou au moins de se taire, de se cacher, d'accepter une échappatoire qu'il pourrait lui ménager. Des membres de la famille viennent aussi le prier. Mbaga refuse. Il répond qu'il ne veut pas renier Jésus-Christ et qu'il est prêt à mourir avec ses compagnons.
Le matin de l'exécution, Mukajanga tente une dernière fois de le convaincre, en vain. Ne pouvant se résoudre à voir son fils brûler vif, il donne l'ordre qu'on le tue d'abord d'un coup de massue. On place ensuite son corps parmi ceux des autres martyrs, enveloppé dans une natte de roseaux, avant d'allumer le bûcher.
L'histoire de Mbaga Tuzinde se transmit parmi les chrétiens de l'Ouganda comme celle d'une fidélité qui ne céda ni aux menaces ni à l'affection. Il fallait refuser non pas un ennemi, mais un père qui l'aimait et le suppliait en pleurant.
Pour la prédication
Jésus a prévenu que suivre Christ peut diviser jusqu'au sein de la famille, et que celui qui aime son père plus que lui n'est pas digne de lui. Le témoignage de Mbaga est une illustration forte, à utiliser avec tact, de l'attachement à Christ au-dessus des liens les plus chers.
Versets à lire
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. »Mt 10.37-39 (Segond 1910)
« Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. »Lc 14.26-27 (Segond 1910)
« Pierre et les apôtres répondirent: Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. »Ac 5.29 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
bēn : fils, enfant patēr : père