Anecdote pour la prédication · Pardon
Rembrandt et Le Retour du fils prodigue, peint au soir d'une vie brisée
Dans sa jeunesse, Rembrandt van Rijn est le peintre à la mode d'Amsterdam. Les commandes affluent, il épouse Saskia, une jeune femme de bonne famille, achète une grande maison et collectionne œuvres d'art et objets rares. Puis les malheurs se succèdent. Trois de ses enfants meurent en bas âge. Saskia meurt en 1642. Ses dépenses dépassent ses moyens : en 1656, il doit céder ses biens à ses créanciers ; sa maison et ses collections sont vendues. Hendrickje, la compagne qui partageait sa vie, meurt en 1663. Enfin, en 1668, son fils Titus, le seul enfant de Saskia qui ait survécu, meurt à son tour, quelques mois après son mariage.
C'est dans ces dernières années, sans doute vers 1668, que Rembrandt peint l'un de ses plus grands tableaux : Le Retour du fils prodigue, aujourd'hui conservé à Saint-Pétersbourg. La parabole de Luc 15, il l'avait déjà dessinée et gravée dans sa jeunesse. Mais ce tableau-ci est tout entier recueillement.
Le fils est à genoux, la tête rasée, les vêtements en lambeaux ; une de ses sandales est tombée, laissant voir une plante de pied abîmée. Il enfouit son visage contre la poitrine de son père. Le vieillard, les yeux presque clos, se penche sur lui et pose ses deux mains sur son dos. Beaucoup ont remarqué que ces deux mains ne se ressemblent pas : l'une semble plus forte, l'autre plus fine. À droite, le fils aîné, debout, regarde la scène sans s'approcher.
Rembrandt mourut en 1669 et fut enterré dans une tombe anonyme.
Pour la prédication
Le tableau de Rembrandt aide à contempler l'accueil du Père qui court au-devant du fils perdu, mais aussi la distance du fils aîné. On peut le projeter ou le décrire pour prêcher Luc 15 : où suis-je dans cette scène ? Il montre que la grâce rejoint les vies brisées.
Versets à lire
« Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. »Lc 15.20 (Segond 1910)
« Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d'entrer. Mais il répondit à son père: Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu as tué le veau gras! Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi; mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé. »Lc 15.28-32 (Segond 1910)
« Comme un père a compassion de ses enfants, L'Éternel a compassion de ceux qui le craignent. »Ps 103.13 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
raḥămîm : compassion, entrailles šûb : revenir, se convertir patēr : père