Anecdote pour la prédication · Service
Tommy Fallot, le pasteur qui voulait un Évangile pour toute la société
Tommy Fallot naît en 1844 à Fougerolles, en Haute-Saône. Il est le petit-fils de Daniel Legrand, industriel protestant du Ban de la Roche, disciple d'Oberlin, qui fut l'un des premiers en Europe à plaider pour une législation internationale protégeant les ouvriers. Le jeune Fallot grandit dans ce souci des travailleurs.
Devenu pasteur, il est frappé par la misère des quartiers ouvriers et par l'éloignement des classes populaires à l'égard des Églises. Il se convainc que l'Évangile ne concerne pas seulement le salut individuel des âmes, mais aussi la manière dont les hommes vivent ensemble : le travail, le logement, l'alcoolisme, la prostitution, l'injustice. Pour lui, la conversion personnelle et la transformation de la société ne s'opposent pas.
À Paris, il anime une œuvre au milieu des populations pauvres et s'engage dans des combats précis. Il participe à la lutte contre la prostitution réglementée par l'État, dans le sillage de la campagne menée en Angleterre par Josephine Butler, et contribue à fonder une ligue pour le relèvement de la moralité publique. Il rassemble aussi pasteurs et laïcs pour étudier les questions sociales à la lumière de l'Évangile.
Ce mouvement, que l'on appellera le christianisme social, marqua durablement le protestantisme français. Usé, Fallot se retire à la fin de sa vie dans un village de la Drôme, où il meurt en 1904.
Pour la prédication
Les prophètes réclamaient que le droit coule comme de l'eau, et Jésus annonçait la bonne nouvelle aux pauvres. Fallot illustre un christianisme qui unit conversion personnelle et justice sociale ; l'anecdote peut nourrir une prédication sur Amos 5.24 ou Luc 4.18-19.
Versets à lire
« Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. »Am 5.24 (Segond 1910)
« L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. »Lc 4.18-19 (Segond 1910)
« On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. »Mi 6.8 (Segond 1910)
« Ainsi parle l'Éternel: Pratiquez la justice et l'équité; délivrez l'opprimé des mains de l'oppresseur; ne maltraitez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve; n'usez pas de violence, et ne répandez point de sang innocent dans ce lieu. »Jr 22.3 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ṣedāqāh : justice, droiture mišpāṭ : jugement, droit basileia : règne, royaume, royauté