Anecdote pour la prédication · Service
Blaise Pascal voulait mourir parmi les pauvres
Au printemps 1662, Blaise Pascal est malade depuis des années. Il souffre de violents maux de tête et de troubles digestifs, et vit de façon très dépouillée. Cette même année, il lance avec quelques amis une entreprise inédite à Paris : des carrosses publics qui suivent un trajet fixe pour cinq sols la place, ancêtres de nos transports en commun. Il souhaite que sa part des bénéfices aille aux pauvres, notamment à ceux de Blois, éprouvés par la famine.
Sa sœur Gilberte Périer a raconté ses derniers mois. Pascal avait accueilli chez lui un pauvre homme et sa famille. L'un des enfants tombe malade de la petite vérole. Plutôt que de renvoyer cette famille, Pascal, pourtant gravement malade, quitte sa propre maison et se fait transporter chez sa sœur. C'est là qu'il passera ses dernières semaines.
Sa maladie s'aggrave. Il demande à être porté à l'hôpital des Incurables pour mourir au milieu des pauvres ; les médecins s'y opposent, le jugeant intransportable. Il demande alors qu'on fasse venir chez lui un pauvre malade, qui recevrait les mêmes soins que lui. Il disait, selon sa sœur, qu'il ne comprenait pas qu'on soit si bien soigné quand tant de pauvres l'étaient si mal.
Après de longues souffrances, il reçoit enfin la communion qu'il réclamait. Ses dernières paroles, rapportées par Gilberte, sont une prière : « Que Dieu ne m'abandonne jamais ! » Il meurt le 19 août 1662, à trente-neuf ans.
Pour la prédication
Pascal avait compris que le Christ se laisse rencontrer dans le pauvre. Son exemple illustre Matthieu 25 : la foi véritable se traduit par un amour concret, jusqu'au bout, pour ceux que le monde oublie. On peut l'utiliser pour parler d'une charité qui coûte.
Versets à lire
« Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. »Mt 25.40 (Segond 1910)
« Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise: Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il? Il en est ainsi de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. »Jc 2.15-17 (Segond 1910)
« Celui qui a pitié du pauvre prête à l'Éternel, Qui lui rendra selon son œuvre. »Pr 19.17 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
agapē : amour, charité eleos : miséricorde