Anecdote pour la prédication · Grâce
La nuit intérieure d'un pasteur : la conversion d'Adolphe Monod à Naples
Adolphe Monod naît en 1802 à Copenhague, dans une famille de pasteurs protestants français. Il étudie la théologie à Genève, est consacré pasteur et part en 1825 à Naples pour fonder une petite paroisse protestante parmi les étrangers de la ville. Il est brillant, consciencieux et estimé.
Mais il vit une crise profonde. Il prêche un christianisme sincère mais moral, sans assurance personnelle. Il doute, se sent incapable de vivre ce qu'il annonce et sombre dans une grande tristesse. Il se demande s'il peut rester pasteur. Ses lettres de cette période, conservées par sa famille, montrent un homme qui cherche Dieu avec angoisse et qui voudrait se rendre meilleur par ses propres forces.
À Naples, il rencontre notamment le théologien écossais Thomas Erskine, dont les entretiens l'aident à porter un regard nouveau sur l'Évangile. Au cours de l'été 1827, Monod cesse de chercher en lui-même la force de croire et de changer. Il comprend que ce qu'il ne peut faire, Dieu le fera par son Esprit, et qu'il doit simplement recevoir la grâce offerte.
La paix lui est donnée. Le pasteur tourmenté devient l'un des grands prédicateurs du protestantisme français du XIXe siècle, dont les sermons sur la grâce de Dieu seront lus pendant des générations.
Pour la prédication
On peut être pasteur, connaître la Bible et n'avoir pas encore reçu soi-même la grâce. La crise de Monod illustre Galates 2.20 et Jean 15.5 : la vie chrétienne ne repose pas sur nos efforts mais sur l'œuvre de Christ en nous. L'anecdote parle aux croyants épuisés de vouloir bien faire.
Versets à lire
« J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. »Ga 2.20 (Segond 1910)
« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »Jn 15.5 (Segond 1910)
« Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »Ep 2.8-9 (Segond 1910)
« car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »Ph 2.13 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
charis : grâce, faveur pneuma : souffle, esprit, Esprit pistis : foi, confiance, fidélité