Anecdote pour la prédication · Mort et espérance

Prêcher depuis son lit de mort : « Les Adieux » d'Adolphe Monod

Adolphe Monod · 1855-1856 · Paris, France

En 1855, Adolphe Monod, pasteur de l'Église réformée de Paris et l'un des prédicateurs les plus admirés de France, tombe gravement malade. Les médecins ne peuvent rien. Le mal progresse ; les douleurs deviennent violentes. Il sait qu'il va mourir.

Il ne peut plus monter en chaire. Il décide alors de faire de sa chambre une église. Chaque dimanche, pendant plusieurs mois, ses proches et des amis se réunissent autour de son lit. On célèbre la cène, puis Monod, souvent d'une voix affaiblie, parfois après des nuits sans sommeil, adresse aux présents une courte méditation. Il parle de la souffrance, du péché, de l'amour de Dieu, de la Bible, de la mort, de l'espérance de la résurrection.

Il ne cache rien de sa faiblesse. Il avoue ses luttes, ses impatiences, ses regrets de n'avoir pas mieux servi. Mais il témoigne aussi d'une paix profonde et d'une confiance qui grandit à mesure que ses forces diminuent. Ses paroles sont recueillies par écrit.

Adolphe Monod meurt le 6 avril 1856. Peu après paraissent ces méditations sous le titre Les Adieux d'Adolphe Monod à ses amis et à l'Église. Le livre devient un classique de la piété protestante, réédité et traduit, et beaucoup de lecteurs malades ou mourants y ont trouvé un compagnon.

Pour la prédication

La faiblesse du serviteur peut devenir le lieu où la puissance de Dieu s'accomplit. Les Adieux illustrent 2 Corinthiens 4.16-18 et 12.9 : l'homme extérieur se détruit, l'homme intérieur se renouvelle. L'anecdote est précieuse pour parler de la maladie, de la fin de vie et de l'espérance.

Versets à lire

« C'est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. »2 Co 4.16-18 (Segond 1910)
« et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. »2 Co 12.9 (Segond 1910)
« car Christ est ma vie, et la mort m'est un gain. »Ph 1.21 (Segond 1910)
« Ma chair et mon cœur peuvent se consumer: Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. »Ps 73.26 (Segond 1910)

Mots hébreux et grecs

elpis : espérance anastasis : résurrection, relèvement thanatos : mort

Thèmes

Mort et espérance Souffrance et épreuve Foi et confiance

Source : Adolphe Monod, Les Adieux d'Adolphe Monod à ses amis et à l'Église (1856). Récit rédigé en français par dictionnaireBiblique.com.

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