Anecdote pour la prédication · Mort et espérance
Une main peinte sur le rocher : la mort d'Allen Gardiner
Allen Gardiner est un ancien officier de la marine britannique devenu missionnaire. Après des tentatives en Afrique australe, puis en Amérique du Sud, il se donne pour but d'apporter l'Évangile aux habitants de la Terre de Feu et de la Patagonie, à l'extrémité du continent. Il fonde pour cela une petite société missionnaire.
En décembre 1850, il débarque en Terre de Feu avec six compagnons : un chirurgien, un catéchiste, un charpentier et trois marins. Ils ont deux bateaux et des vivres pour six mois. Mais une partie de leurs munitions et de leur matériel a été oubliée sur le navire qui les a déposés, les habitants se montrent hostiles, et le bateau de ravitaillement attendu n'arrive pas. Réfugiés dans une crique, Spaniard Harbour, ils meurent lentement de faim, de froid et de scorbut.
Gardiner tient son journal jusqu'au bout. Il y note les décès de ses compagnons, mais aussi la paix qu'il éprouve. Dans l'une des dernières pages, écrite au début de septembre 1851, il loue la bonté de Dieu qui le garde, dit-il, sans éprouver ni faim ni soif depuis quatre jours.
En octobre 1851, un navire arrive enfin. Les marins trouvent, peinte sur un rocher, une main pointée vers le rivage, avec une référence : Psaume 62, versets 5 à 8. Plus loin, ils découvrent les corps et le journal.
Ce désastre bouleversa l'Angleterre, et la société fondée par Gardiner reprit l'œuvre. Elle deviendrait la Société missionnaire sud-américaine.
Pour la prédication
Le psaume que Gardiner a peint sur le rocher dit : « Mon âme, confie-toi en Dieu ! » Même dans l'échec apparent et la mort, le croyant peut trouver en Dieu son rocher. L'anecdote illustre aussi la fécondité inattendue d'une mission qui semblait anéantie.
Versets à lire
« Oui, mon âme, confie-toi en Dieu! Car de lui vient mon espérance. Oui, c'est lui qui est mon rocher et mon salut; Ma haute retraite: je ne chancellerai pas. Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire; Le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu. En tout temps, peuples, confiez-vous en lui, Répandez vos cœurs en sa présence! Dieu est notre refuge, -Pause. »Ps 62.6-9 (Segond 1910)
« Car le figuier ne fleurira pas, La vigne ne produira rien, Le fruit de l'olivier manquera, Les champs ne donneront pas de nourriture; Les brebis disparaîtront du pâturage, Et il n'y aura plus de bœufs dans les étables. Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel, Je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. »Ha 3.17-18 (Segond 1910)
« Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; »2 Co 4.8-9 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
bāṭaḥ : se confier, être en sécurité yᵉšûʿâ : salut, délivrance