Anecdote pour la prédication · Parole de Dieu
Le Nouveau Testament du bagne, compagnon de Dostoïevski jusqu'à sa mort
En janvier 1850, en route vers le bagne, Fiodor Dostoïevski et ses compagnons font halte à Tobolsk, en Sibérie. Là, ils reçoivent la visite de femmes de décembristes, ces officiers condamnés vingt-cinq ans plus tôt pour avoir tenté un soulèvement contre le tsar. Elles avaient suivi leurs maris en exil. Elles offrent à chacun des nouveaux forçats un exemplaire du Nouveau Testament. Dans la reliure de celui de Dostoïevski, elles ont glissé un billet de dix roubles.
Au bagne d'Omsk, où il passe quatre années parmi les criminels de droit commun, ce Nouveau Testament est le seul livre qu'on lui permette de lire. Il le lit et le relit. Il ne s'en séparera plus jamais. Il en annotera les pages, et ce livre nourrira toute son œuvre, de Crime et Châtiment aux Frères Karamazov.
Trente ans plus tard, en janvier 1881, Dostoïevski est mourant à Saint-Pétersbourg. Sa femme, Anna Grigorievna, a raconté le dernier matin. Il lui dit qu'il sait qu'il va mourir ce jour-là et lui demande de lui donner son Évangile, celui du bagne. Il a l'habitude de l'ouvrir au hasard. Anna l'ouvre et lit les premiers mots de la page : le passage où Jésus dit à Jean-Baptiste, qui hésite à le baptiser, de ne pas le retenir. « Tu entends : ne me retiens pas. Cela veut dire que je vais mourir », dit-il.
Il meurt le soir même. Il avait demandé que ce Nouveau Testament soit remis à son fils.
Pour la prédication
Un seul livre, reçu dans la pire des épreuves, peut accompagner toute une vie et jusqu'à la mort. L'anecdote illustre la puissance de la Parole de Dieu pour soutenir le prisonnier et le mourant, et peut encourager le don de Bibles et la lecture fidèle des Écritures.
Versets à lire
« C'est ma consolation dans ma misère, Car ta promesse me rend la vie. »Ps 119.50 (Segond 1910)
« Si ta loi n'eût fait mes délices, J'eusse alors péri dans ma misère. »Ps 119.92 (Segond 1910)
« Mais Jean s'y opposait, en disant: C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi! Jésus lui répondit: Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. »Mt 3.14-15 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
graphē : écrit, Écriture dābār : parole ; chose, affaire euangelion : bonne nouvelle, Évangile