Anecdote pour la prédication · Humilité
« Sinon, qu'il le brûle » : le recueil que George Herbert confia à Ferrar
Au début de 1633, George Herbert, pasteur de Bemerton près de Salisbury, se meurt de la tuberculose. Il n'a pas quarante ans. Il a écrit, au fil des années, un recueil de poèmes religieux qu'il n'a jamais publié. Peu de gens savent qu'il existe.
Un ami, le pasteur Edmund Duncon, vient le voir de la part de Nicholas Ferrar, qui dirige à Little Gidding une communauté familiale de prière. Selon Izaak Walton, qui raconte la scène, Herbert remet à Duncon un petit manuscrit et le charge de ce message pour Ferrar : il y trouvera le tableau des nombreux combats spirituels qui ont eu lieu entre Dieu et mon âme, avant que je puisse soumettre la mienne à la volonté de Jésus, mon Maître, au service duquel j'ai maintenant trouvé une parfaite liberté. S'il pense que cela peut tourner à l'avantage de quelque pauvre âme abattue, qu'il le fasse publier ; sinon, qu'il le brûle, car moi et ce livre sommes moins que la plus petite des miséricordes de Dieu.
Herbert meurt le 1er mars 1633. Ferrar ne brûle pas le manuscrit. Le recueil paraît la même année sous le titre Le Temple. Il est réimprimé plusieurs fois en quelques années et devient l'un des sommets de la poésie religieuse anglaise. Baxter, Wesley et bien d'autres l'ont aimé ; certains de ses poèmes sont devenus des cantiques encore chantés.
Ce que son auteur jugeait digne du feu a consolé, depuis près de quatre siècles, d'innombrables âmes abattues.
Pour la prédication
Le service de Christ est une liberté parfaite, et nous sommes moins que la plus petite de ses grâces (Gn 32.10). L'anecdote montre une humilité qui remet son œuvre entre les mains de Dieu, et la manière dont Dieu console les autres par nos propres combats (2 Co 1.4).
Versets à lire
« Je suis trop petit pour toutes les grâces et pour toute la fidélité dont tu as usé envers ton serviteur; car j'ai passé ce Jourdain avec mon bâton, et maintenant je forme deux camps. »Gn 32.10 (Segond 1910)
« qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction! »2 Co 1.4 (Segond 1910)
« Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. »Mt 11.30 (Segond 1910)
« Mon âme est abattue au dedans de moi: Aussi c'est à toi que je pense, depuis le pays du Jourdain, Depuis l'Hermon, depuis la montagne de Mitsear. »Ps 42.7 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ḥesed : bonté fidèle eleos : miséricorde