Anecdote pour la prédication · Vérité et intégrité
L'affaire Calas : un protestant innocent supplicié à Toulouse en 1762
Le soir du 13 octobre 1761, à Toulouse, Marc-Antoine, fils aîné du marchand protestant Jean Calas, est trouvé mort dans la boutique familiale. La rumeur se répand aussitôt : le jeune homme voulait se faire catholique, et sa famille l'aurait tué pour l'en empêcher. Rien ne le prouve, mais la ville est remuée par les passions religieuses.
Jean Calas, sa femme, un autre fils, un ami et la servante, pourtant catholique, sont arrêtés. Le parlement de Toulouse condamne le père, âgé de soixante-trois ans, à être roué. Le 10 mars 1762, il subit la torture puis le supplice sur la place Saint-Georges. Jusqu'au bout, il proteste de son innocence. Le religieux dominicain chargé de l'assister témoigna de sa constance, et les récits du temps rapportent qu'il pria pour ses juges.
La veuve et les enfants, ruinés et dispersés, ne se résignent pas. L'affaire parvient à Voltaire, qui s'en saisit et publie en 1763 son Traité sur la tolérance. L'Europe s'émeut. Le procès est revu à Paris et, le 9 mars 1765, Jean Calas est réhabilité à l'unanimité par les maîtres des requêtes.
Trop tard pour lui. Mais sa mort contribua à retourner l'opinion contre la persécution des protestants, et à préparer l'édit de tolérance de 1787.
Pour la prédication
Le juste peut être condamné par la foule et les tribunaux, comme le fut le Christ lui-même. L'affaire Calas illustre les ravages du faux témoignage et des préjugés religieux ; elle peut servir pour une prédication sur le neuvième commandement, la justice ou le pardon envers ses accusateurs.
Versets à lire
« Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. »Ex 20.16 (Segond 1910)
« Celui qui absout le coupable et celui qui condamne le juste Sont tous deux en abomination à l'Éternel. »Pr 17.15 (Segond 1910)
« Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort. »Lc 23.34 (Segond 1910)
« lui qui, injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui juge justement; »1 P 2.23 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
mišpāṭ : jugement, droit ṣedāqāh : justice, droiture alētheia : vérité