Anecdote pour la prédication · Mort et espérance
« J'ai mesuré les cieux » : l'épitaphe de Johannes Kepler
En novembre 1630, Johannes Kepler voyage à cheval vers Ratisbonne, où siège la diète de l'Empire. Il espère y obtenir le paiement des sommes considérables que la cour impériale lui doit depuis des années. L'Europe est en pleine guerre de Trente Ans ; Kepler a souvent dû déménager, chassé par les persécutions religieuses ou la guerre, et il a enterré une femme et plusieurs enfants.
Arrivé à Ratisbonne, il tombe malade de fièvre. Il meurt le 15 novembre 1630, à cinquante-huit ans, loin de sa famille. Comme il est luthérien, on l'enterre dans le cimetière protestant, hors des murs de la ville.
Kepler avait composé lui-même, en latin, l'épitaphe qu'il souhaitait sur sa tombe. Deux vers seulement : « J'ai mesuré les cieux ; je mesure maintenant les ombres de la terre. Mon esprit venait du ciel ; l'ombre de mon corps repose ici. »
Quelques années plus tard, les combats de la guerre ravagent les abords de Ratisbonne. Le cimetière est détruit et la tombe de Kepler disparaît. On ne sait plus aujourd'hui où reposent ses restes. L'homme qui avait calculé avec une précision inédite la course des planètes n'a laissé sur terre aucune trace de sa sépulture.
Il reste les deux vers. L'astronome y résumait sa vie : il avait levé les yeux vers les cieux, et il savait que son corps n'était qu'une ombre, tandis que son esprit appartenait à une autre patrie.
Pour la prédication
Notre corps est une tente qui se défait, mais nous avons une demeure éternelle dans les cieux. L'épitaphe de Kepler peut ouvrir une méditation sur la brièveté de la vie et l'espérance, à partir de 2 Corinthiens 4 et 5 : regarder aux choses invisibles, qui sont éternelles.
Versets à lire
« parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. »2 Co 4.18 (Segond 1910)
« Nous savons, en effet, que, si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l'ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n'a pas été faite de main d'homme. »2 Co 5.1 (Segond 1910)
« Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, »Ph 3.20 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
šāmayim : cieux, ciel thanatos : mort elpis : espérance