Anecdote pour la prédication · Providence
Le gouverneur qui ouvrit la tour : la libération de Marie Durand
À la fin des années 1760, la tour de Constance abrite encore quelques prisonnières huguenotes. Certaines y sont entrées jeunes filles et sont devenues de vieilles femmes. Marie Durand y est depuis 1730. Les mentalités changent pourtant : l'affaire Calas a ému l'Europe, Voltaire a publié son Traité sur la tolérance, et bien des catholiques ont honte de ces persécutions.
Le prince Charles-Juste de Beauvau, nouveau gouverneur du Languedoc, visite la tour. Il découvre ces femmes âgées, malades, enfermées depuis des décennies pour leur seule religion. Il décide de les libérer, sans attendre que la cour de Versailles lui en donne l'autorisation expresse, ce qui lui vaut des reproches du ministère. Il tient bon.
En avril 1768, Marie Durand franchit la porte de la tour. Elle a environ cinquante-sept ans. Elle retourne au Bouschet de Pranles, dans la maison de son enfance, pauvre et usée par trente-huit ans de captivité. Son frère Pierre a été exécuté depuis longtemps ; ses parents sont morts. Elle vit encore quelques années, aidée par des dons venus notamment des Églises réfugiées, et meurt en 1776.
Dans les mois qui suivent, les dernières prisonnières sortent à leur tour. La tour de Constance cesse de servir de prison pour les protestantes. Il avait fallu la décision d'un seul homme, à la bonne place, pour que la porte s'ouvre enfin.
Pour la prédication
Dieu peut se servir d'un responsable qui ne partage pas notre foi pour accomplir sa délivrance, comme il se servit de Cyrus. L'anecdote montre aussi qu'une seule personne qui ose agir selon sa conscience peut mettre fin à une injustice ancienne ; elle invite à prier pour les autorités.
Versets à lire
« Le cœur du roi est un courant d'eau dans la main de l'Éternel; Il l'incline partout où il veut. »Pr 21.1 (Segond 1910)
« Ainsi parle l'Éternel à son oint, à Cyrus, Qu'il tient par la main, Pour terrasser les nations devant lui, Et pour relâcher la ceinture des rois, Pour lui ouvrir les portes, Afin qu'elles ne soient plus fermées; »És 45.1 (Segond 1910)
« Il fait droit aux opprimés; Il donne du pain aux affamés; L'Éternel délivre les captifs; »Ps 146.7 (Segond 1910)
« J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. »1 Tm 2.1-2 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
yᵉšûʿâ : salut, délivrance aphesis : pardon, rémission, libération melek : roi