Anecdote pour la prédication · Courage et persécution
Moqué par les étudiants de Cambridge : la mission de Moody en 1882
En novembre 1882, Moody et Sankey sont invités à tenir une mission pour les étudiants de l'université de Cambridge. L'entreprise paraît risquée. Moody n'a presque pas fait d'études, parle avec un fort accent de Nouvelle-Angleterre et malmène volontiers la grammaire. Devant lui, des centaines de jeunes gens de bonne famille, fiers de leur culture.
Le premier soir, dans une grande halle de la ville, l'atmosphère est franchement hostile. Des étudiants chahutent, rient, lancent des remarques. Ils se moquent de son accent et de sa manière de prononcer les noms bibliques. Moody prêche malgré tout, sans se démonter.
Les jours suivants, la situation se retourne. L'un des meneurs du chahut vient trouver Moody pour lui présenter ses excuses ; il assistera ensuite aux réunions et deviendra un chrétien engagé. Au fil de la semaine, le public change de ton. Au cours d'une des dernières réunions, un nombre important d'étudiants restent pour indiquer qu'ils ont décidé de suivre le Christ.
Cette mission eut des suites durables dans la vie chrétienne de l'université. Elle fit partie du climat spirituel dans lequel, peu après, plusieurs jeunes diplômés de Cambridge et d'ailleurs consacrèrent leur vie à la mission à l'étranger. Moody, lui, n'avait rien changé à sa manière : il avait simplement prêché le Christ, avec ses fautes de grammaire.
Pour la prédication
La puissance de l'Évangile ne dépend pas de l'éloquence humaine. Paul est venu à Corinthe dans la faiblesse et sans discours persuasifs. L'anecdote encourage ceux qui se sentent peu qualifiés et rappelle que Dieu peut toucher les cœurs les plus fiers.
Versets à lire
« Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Moi-même j'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »1 Co 2.1-5 (Segond 1910)
« Car je n'ai point honte de l'Évangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, »Rm 1.16 (Segond 1910)
« Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. »2 Co 4.7 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
euangelion : bonne nouvelle, Évangile sophia : sagesse