Anecdote pour la prédication · Courage et persécution

« Je sais mourir » : Bernard Palissy à la Bastille devant Henri III

Bernard Palissy · vers 1588-1590 · Paris, France

Récit traditionnel : il est rapporté de longue date, mais son historicité exacte n'est pas établie. À présenter comme « on raconte que… ».

À la fin des guerres de Religion, Paris est aux mains de la Ligue catholique, qui pourchasse les protestants. Bernard Palissy, le célèbre potier, a près de quatre-vingts ans. Il est arrêté pour sa foi et enfermé à la Bastille. Il y mourra en 1590, de misère et de mauvais traitements.

Agrippa d'Aubigné, poète et historien protestant, rapporte une scène qui s'y serait déroulée. On raconte que le roi Henri III, qui avait de l'estime pour le vieil artisan, vint le voir dans sa prison. Il l'aurait pressé d'abjurer, en lui disant qu'il serait sinon contraint de le laisser aux mains de ses ennemis. Palissy aurait répondu au roi qu'il le plaignait d'avoir prononcé ce mot de « contraint », qu'aucun roi ne pourrait le contraindre, lui, et que ni le roi ni ceux qui le pressaient ne pourraient rien sur lui, « car je sais mourir ».

Les historiens doutent que le roi soit réellement venu à la Bastille, et le dialogue a sans doute été arrangé par d'Aubigné, qui aimait les répliques frappantes. Mais il est certain que Palissy, homme âgé et célèbre, qui aurait pu acheter sa liberté par une signature, mourut en prison sans renier sa foi.

Le vieillard qui avait brûlé son plancher pour un émail termina sa vie en préférant la Bastille au reniement.

Pour la prédication

Celui qui ne craint pas la mort est vraiment libre, car les menaces n'ont plus de prise sur lui. Le mot attribué à Palissy illustre Matthieu 10.28 et Hébreux 2.15 : en Christ, la mort a perdu son pouvoir d'intimidation. À présenter comme une tradition rapportée par d'Aubigné.

Versets à lire

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. »Mt 10.28 (Segond 1910)
« Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable, et qu'il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. »Hé 2.14-15 (Segond 1910)
« car Christ est ma vie, et la mort m'est un gain. »Ph 1.21 (Segond 1910)
« Pierre et Jean leur répondirent: Jugez s'il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu'à Dieu; »Ac 4.19 (Segond 1910)

Mots hébreux et grecs

thanatos : mort anastasis : résurrection, relèvement

Thèmes

Courage et persécution Mort et espérance Foi et confiance

Source : Récit traditionnel, rapporté notamment par Agrippa d'Aubigné (Histoire universelle ; Confession catholique du sieur de Sancy). Récit rédigé en français par dictionnaireBiblique.com.

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