Anecdote pour la prédication · Salut et conversion
« Feu » : la nuit du 23 novembre 1654 et le Mémorial de Pascal
Le 19 août 1662, Blaise Pascal meurt à Paris à trente-neuf ans. Quelques jours plus tard, un domestique qui range ses vêtements sent sous ses doigts une épaisseur inhabituelle dans la doublure de son pourpoint. Il découd le tissu et trouve un parchemin plié, enveloppant une feuille de papier couverte de la même écriture. Pascal avait cousu ce texte dans ses habits et, à chaque changement de vêtement, il le décousait et le recousait lui-même. Personne de son entourage n'en avait connaissance.
Le texte commence par une date d'une précision étonnante : « L'an de grâce 1654, lundi 23 novembre, jour de saint Clément… depuis environ dix heures et demie du soir jusques environ minuit et demi. » Puis un seul mot, isolé au milieu de la ligne : « FEU ».
Suivent des phrases brèves, presque haletantes : « Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude, sentiment, joie, paix. Dieu de Jésus-Christ. » Plus loin : « Joie, joie, joie, pleurs de joie. » Et encore : « Que je n'en sois jamais séparé. » Le texte cite l'Évangile de Jean et se termine par : « Renonciation totale et douce. Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur. »
L'homme qui écrit ces lignes n'est pas un exalté. C'est le mathématicien qui a inventé une machine à calculer, mené des expériences célèbres sur le vide et posé les bases du calcul des probabilités. Pendant deux heures, une nuit d'automne, il a fait une rencontre qu'aucune de ses démonstrations ne pouvait contenir. Il a voulu en garder la trace sur lui, contre son cœur, jusqu'à sa mort.
Pour la prédication
Le Dieu de la Bible n'est pas une conclusion de raisonnement mais un Dieu personnel qui se fait connaître, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. L'anecdote permet de distinguer savoir des choses sur Dieu et connaître Dieu en Jésus-Christ, ce que Jésus appelle la vie éternelle.
Versets à lire
« Et il ajouta: Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu. »Ex 3.6 (Segond 1910)
« Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »Jn 17.3 (Segond 1910)
« Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. »Jn 17.25 (Segond 1910)
« Je fais mes délices de tes statuts, Je n'oublie point ta parole. »Ps 119.16 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
ʾĕlōhîm : Dieu, dieux chara : joie alētheia : vérité