Anecdote pour la prédication · Amour du prochain
Les jumeaux condamnés : Mary Slessor au Calabar
Lorsque Mary Slessor arrive au Calabar en 1876, une croyance pèse lourdement sur les populations de la région : la naissance de jumeaux est tenue pour une malédiction. On pense que l'un des deux enfants au moins est né d'un esprit mauvais. Les nouveau-nés sont souvent abandonnés dans la forêt, dans une cruche ou un panier, et la mère est chassée, rejetée comme impure.
Mary Slessor fait de la protection de ces enfants l'une des grandes causes de sa vie. Dès qu'elle apprend une naissance de jumeaux, elle se rend sur place, souvent à pied, de jour comme de nuit. Elle recueille les bébés, et souvent leur mère avec eux. Sa maison se remplit d'enfants. Elle en adopte plusieurs, qu'elle élève comme les siens ; l'une d'elles, Janie, une jumelle sauvée dans son enfance, l'accompagnera pendant des années.
Elle ne se contente pas de sauver. Elle parle aux chefs, explique, insiste, montre jour après jour des jumeaux qui grandissent en bonne santé sans attirer aucun malheur sur le village. Peu à peu, le regard change. Lorsque les autorités britanniques lui confient des fonctions de juge local, elle peut aussi peser sur la coutume.
À sa mort, en 1915, bien des enfants avaient grandi dans un pays où l'on commençait à accueillir les jumeaux au lieu de les jeter. Beaucoup lui devaient la vie, et l'appelaient simplement « Ma ».
Pour la prédication
Le Dieu de la Bible est le défenseur de l'orphelin et de celui qu'on rejette. Mary Slessor illustre la religion « pure et sans tache » dont parle Jacques : visiter les orphelins dans leur détresse. On peut l'utiliser pour parler de la dignité de toute vie humaine.
Versets à lire
« La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. »Jc 1.27 (Segond 1910)
« Le père des orphelins, le défenseur des veuves, C'est Dieu dans sa demeure sainte. Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés, Il délivre les captifs et les rend heureux; Les rebelles seuls habitent des lieux arides. »Ps 68.6-7 (Segond 1910)
« Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. »Mc 10.14 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
raḥămîm : compassion, entrailles agapē : amour, charité