Anecdote pour la prédication · Pardon

La dette nationale et nos péchés : le calcul de Toplady

Augustus Toplady · mars 1776 · Londres, Angleterre

En 1776, la dette publique de la Grande-Bretagne inquiète l'opinion : les guerres l'ont gonflée à des sommes jamais vues, et l'on se demande si elle pourra jamais être remboursée. Augustus Toplady, collaborateur du Gospel Magazine, saisit l'occasion pour publier un article d'un genre inattendu, rédigé sous forme de questions et de réponses, sur une autre dette : celle du pécheur devant Dieu.

Toplady se livre à un calcul. Supposons, écrit-il en substance, qu'un homme ne commette qu'un seul péché par seconde. À dix ans, il en aura accumulé plus de trois cents millions. À cinquante ans, plus d'un milliard et demi. À quatre-vingts ans, plus de deux milliards et demi. Qui pourrait payer une telle dette ? Aucun effort humain n'y suffirait. Mais le sang du Christ, répond-il, l'acquitte entièrement.

C'est à la fin de cet article, publié en mars 1776, que paraît le cantique qui le rendra célèbre, sous le titre « Prière vivante et mourante pour le plus saint des croyants » : « Rocher des siècles, fendu pour moi ». La strophe centrale répond au calcul : « Le travail de mes mains ne peut satisfaire aux exigences de ta loi ; mon zèle fût-il sans repos, mes larmes fussent-elles éternelles, rien ne pourrait expier le péché : toi seul dois sauver, toi seul. »

Le plus célèbre cantique de Toplady naquit ainsi au détour d'une arithmétique de la grâce.

Pour la prédication

La parabole du serviteur qui devait dix mille talents montre une dette impossible à rembourser, que le maître remet par pure grâce. Le calcul de Toplady aide l'auditoire à mesurer la gravité du péché et la grandeur du pardon ; on pourra conclure sur Colossiens 2.14.

Versets à lire

« Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. »Mt 18.24-27 (Segond 1910)
« il a effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l'a détruit en le clouant à la croix; »Col 2.14 (Segond 1910)
« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. »Rm 3.23-24 (Segond 1910)

Mots hébreux et grecs

aphesis : pardon, rémission, libération hamartia : péché hilastērion : propitiatoire, moyen d'expiation

Thèmes

Pardon Grâce La croix et la rédemption

Source : Augustus Toplady, Gospel Magazine, mars 1776. Récit rédigé en français par dictionnaireBiblique.com.

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