Anecdote pour la prédication · Prière
« Seigneur, ouvre les yeux du roi d'Angleterre » : la mort de Tyndale
En mai 1535, à Anvers, William Tyndale est trahi par un Anglais, Henry Phillips, qui avait gagné sa confiance. Arrêté, il est enfermé au château de Vilvorde, près de Bruxelles, pour être jugé comme hérétique.
On a retrouvé une lettre en latin qu'il écrivit de sa prison, probablement pendant l'hiver, à un responsable du château. Il y demande, si possible, qu'on lui fasse parvenir un bonnet plus chaud, car il souffre d'un rhume continuel, un manteau plus épais, et une lampe pour le soir, car il est pénible de rester seul dans l'obscurité. Mais surtout, il demande la permission d'avoir sa Bible hébraïque, sa grammaire et son dictionnaire hébreux, pour pouvoir poursuivre son travail. Il traduisait alors l'Ancien Testament.
Après plus d'un an de captivité, il est condamné. Au début d'octobre 1536, il est étranglé puis brûlé. Selon John Foxe, il s'écria sur le bûcher, d'une voix forte : « Seigneur, ouvre les yeux du roi d'Angleterre ! »
Or, l'année suivante, Henri VIII autorisait la diffusion d'une Bible anglaise, dite « Bible de Matthieu », qui reprenait en grande partie le travail de Tyndale. En 1539 paraissait la « Grande Bible », destinée à être placée dans toutes les églises d'Angleterre ; elle aussi devait beaucoup au traducteur martyr.
Pour la prédication
Tyndale n'a pas vu l'exaucement de sa prière, mais Dieu y a répondu presque aussitôt. L'anecdote illustre la persévérance dans le service jusque dans la souffrance et la prière pour les autorités, selon 1 Tm 2.1-2 ; elle rappelle que la fidélité porte du fruit au-delà de notre vie.
Versets à lire
« J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. »1 Tm 2.1-2 (Segond 1910)
« Quand tu viendras, apporte le manteau que j'ai laissé à Troas chez Carpus, et les livres, surtout les parchemins. »2 Tm 4.13 (Segond 1910)
« C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. »Hé 11.13 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
graphē : écrit, Écriture pistis : foi, confiance, fidélité