Anecdote pour la prédication · Grâce
Un verset lu lentement : la conversion de J. C. Ryle
Récit traditionnel : il est rapporté de longue date, mais son historicité exacte n'est pas établie. À présenter comme « on raconte que… ».
John Charles Ryle, futur premier évêque de Liverpool, est au milieu des années 1830 un jeune homme comblé : fils d'un riche banquier de Macclesfield, brillant étudiant d'Oxford, sportif apprécié, promis à une carrière politique. La religion tient peu de place dans sa vie. Dans ses souvenirs autobiographiques, il dit lui-même qu'il n'avait alors aucune vraie connaissance de l'Évangile.
Vers 1837, une grave maladie de poitrine l'oblige à s'aliter longtemps. Il se met à lire la Bible et à prier. Il fréquente aussi des chrétiens évangéliques dont la conviction le frappe. Sa conversion, telle qu'il la raconte, est plutôt un changement progressif qu'un instant précis.
Une tradition, souvent reprise par ses biographes, rattache pourtant ce tournant à un dimanche particulier. Ryle serait entré en retard dans une église, peut-être à Oxford, au moment de la lecture du chapitre 2 de l'Épître aux Éphésiens. Le lecteur, que Ryle ne connaissait pas, aurait lu le huitième verset très lentement, en détachant chaque membre de phrase : « C'est par la grâce… que vous êtes sauvés… par le moyen de la foi… Et cela ne vient pas de vous… c'est le don de Dieu. » Ces mots, ainsi lus, auraient frappé le jeune homme comme jamais auparavant.
Le détail n'est pas établi avec certitude et doit être raconté comme une tradition. Ce qui est sûr, c'est que Ryle passa le reste de sa vie à prêcher et à écrire, dans une langue claire et directe, que le salut est un don gratuit de Dieu, reçu par la foi seule.
Pour la prédication
Le salut n'est ni un salaire ni une conquête, mais un don (Ep 2.8-9). Présentée comme une tradition, l'anecdote rappelle aussi l'importance d'une lecture publique soignée de l'Écriture (1 Tm 4.13) : une simple lecture peut suffire à ouvrir un cœur.
Versets à lire
« Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »Ep 2.8-9 (Segond 1910)
« Jusqu'à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. »1 Tm 4.13 (Segond 1910)
« et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. »Rm 3.24 (Segond 1910)
Mots hébreux et grecs
charis : grâce, faveur pistis : foi, confiance, fidélité