hālal הָלַל

Strong H1984 · verbe · louer, célébrer ; se glorifier · 122 occurrences

Louer à haute voix, faire l'éloge de quelqu'un. Dirigé vers Dieu, c'est le verbe de la louange liturgique, qui a donné « alléluia » et le nom hébreu du livre des Psaumes. Au réfléchi, il signifie « se glorifier », pour le meilleur ou pour le pire.

Racine et étymologie

Les lexiques distinguent plusieurs racines h-l-l de même forme. La première signifie « briller » : elle se lit en Job 29.3 (« quand sa lampe brillait sur ma tête ») et dans le nom hêlēl, « astre brillant », d'Ésaïe 14.12, que la Vulgate a rendu par Lucifer. Une autre, au thème poel, veut dire « rendre fou, agir en insensé » : c'est David qui « se montra comme fou » devant le roi de Gath (1 S 21.13). Certains ont voulu relier « louer » à « briller » (la louange ferait resplendir), mais ce lien reste une hypothèse.

La racine qui nous intéresse signifie « louer, faire l'éloge ». Elle se conjugue surtout au piel, la forme intensive : hillēl, « louer ». Le passif pual donne le participe mehullāl, « loué, digne de louange » (Ps 18.4 ; 145.3). Le réfléchi hitpaël, hithallēl, signifie « se louer soi-même, se glorifier ». STEPBible compte ce dernier sens à part : 122 emplois pour « louer », 24 pour « se glorifier ». Les Psaumes concentrent à eux seuls la majorité des emplois au sens de « louer ».

Le nom dérivé tehillâ (H8416), « louange, chant de louange », a donné le titre hébreu du livre des Psaumes : Tehillîm, « Louanges ». L'impératif pluriel suivi du nom divin abrégé, hallû-yāh, « louez Yah », est devenu une acclamation liturgique, passée telle quelle en grec et en français : « alléluia ». Le nom propre Hillel, celui du grand maître pharisien du Iᵉʳ siècle av. J.-C., vient de la même racine, de même que le Hallel, l'ensemble des Psaumes 113 à 118 chantés lors des grandes fêtes juives.

Sens et emplois

  1. Vanter, faire l'éloge

    Le verbe n'est pas d'abord religieux. On loue la beauté d'une femme (Gn 12.15 ; Ct 6.9) ou les œuvres d'une épouse courageuse. La louange est une parole publique qui reconnaît la valeur de quelqu'un.

    « Et qu'aux portes ses œuvres la louent. »Pr 31.31, Segond 1910
  2. Louer Dieu

    Le sens dominant : proclamer devant d'autres la grandeur de Dieu. La louange est communautaire et tend à s'élargir, d'Israël à toutes les nations, puis à « tout ce qui respire » (Ps 150.6).

    « Louez l'Éternel, vous toutes les nations, Célébrez-le, vous tous les peuples! »Ps 117.1, Segond 1910
  3. Louer au milieu de l'assemblée

    Celui qui a été délivré ne garde pas sa reconnaissance pour lui : il la raconte dans l'assemblée. Ce psaume, dont Jésus cite le premier verset sur la croix, s'achève en louange publique.

    « Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l'assemblée. »Ps 22.23, Segond 1910
  4. Le ministère lévitique de la louange

    Les Chroniques présentent la louange comme une fonction organisée du Temple : des Lévites sont chargés chaque jour de chanter, avec des instruments, aux heures des sacrifices.

    « ils avaient à se présenter chaque matin et chaque soir, afin de louer et de célébrer l'Éternel, »1 Ch 23.30, Segond 1910
  5. Digne de louange

    Le participe passif mehullāl qualifie Dieu lui-même : il est « loué », c'est-à-dire celui à qui la louange revient de droit, car sa grandeur dépasse ce qu'on peut en dire.

    « L'Éternel est grand et très digne de louange, Et sa grandeur est insondable. »Ps 145.3, Segond 1910
  6. Se glorifier

    Au réfléchi, le verbe dit l'orgueil de celui qui se vante de sa sagesse, de sa force ou de sa richesse. Jérémie en retourne le sens : la seule vraie gloire est de connaître Dieu.

    « Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie D'avoir de l'intelligence et de me connaître, »Jr 9.24, Segond 1910

Passerelle hébreu – grec

La Septante rend le piel hillēl surtout par αἰνέω, « louer », et par ἐπαινέω ; les Psaumes emploient aussi ὑμνέω, « chanter un hymne ». L'acclamation hallû-yāh est simplement transcrite : ἁλληλουϊά, souvent placée en tête des psaumes dans la Bible grecque. Le Nouveau Testament la garde dans le grand chant de l'Apocalypse, où elle revient quatre fois (Ap 19.1-6). Αἰνέω y décrit la louange des anges à Noël (Lc 2.13) et celle de la première communauté (Ac 2.47). Paul cite le Psaume 117 pour montrer que les nations sont appelées à louer Dieu (Rm 15.11).

Le réfléchi « se glorifier » est rendu par καυχάομαι, « se vanter, se glorifier ». Paul reprend Jérémie 9.24 au début de la première épître aux Corinthiens : « Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur » (1 Co 1.31). Le verbe καυχάομαι devient chez lui un mot clé : il oppose l'orgueil fondé sur soi à la fierté fondée sur la grâce et même sur la faiblesse (2 Co 12.9). Le latin dit laudare, et la liturgie chrétienne a gardé « alléluia » sans le traduire.

Le débat

La louange biblique est-elle un genre liturgique distinct de l'action de grâces, une manière de raconter ce que Dieu a fait, ou un acte qui façonne le monde du croyant ?

Gunkel a fourni l'outil de base, mais Westermann a montré que la frontière entre hymne et action de grâces est mince en hébreu : louer, c'est reconnaître publiquement Dieu, pour ce qu'il est et pour ce qu'il fait. Brueggemann ajoute une dimension juste : dire « louez l'Éternel », c'est refuser de louer les idoles et les pouvoirs. Le parallèle avec Jérémie 9.24 le confirme : la louange de Dieu et le refus de se glorifier soi-même vont ensemble.

Portée théologique

Louer, en hébreu, c'est parler de Dieu à voix haute devant d'autres. La louange n'est donc pas d'abord un sentiment intérieur, mais un témoignage. C'est pourquoi les Psaumes multiplient les impératifs : « Louez l'Éternel ! » La louange se communique, elle appelle d'autres voix, jusqu'à celles des nations et de la création entière (Ps 148).

La louange est liée à la vie. « Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Éternel » (Ps 115.17) : tant qu'on respire, on peut louer, et louer, c'est déjà vivre devant Dieu. Le Psaume 22 montre qu'elle peut naître au cœur de la détresse : le psaume du cri d'abandon se termine par la louange dans l'assemblée. Le Psaume 22.4 ose dire que Dieu « siège au milieu des louanges d'Israël ».

Enfin, le même verbe met en garde. On peut se louer soi-même, se glorifier de sa sagesse, de sa force ou de sa richesse. Jérémie, puis Paul, invitent à déplacer la gloire : « que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur ». Pour la prédication, hālal pose une question simple : de quoi suis-je fier, et qui est-ce que je célèbre quand je parle ?

Chaîne : De la louange d'Israël à l'alléluia des nations

  1. Ex 15.2 Le cantique de la mer : « L'Éternel est ma force et le sujet de mes louanges; C'est lui qui m'a sauvé. Il est mon Dieu: je le célèbrerai; Il est le Dieu de mon père: je l'exalterai. »
  2. 1 Ch 16.4 Des Lévites pour louer : « Il remit à des Lévites la charge de faire le service devant l'arche de l'Éternel, d'invoquer, de louer et de célébrer l'Éternel, le Dieu d'Israël. »
  3. 2 Ch 5.13 La nuée remplit le Temple : « et lorsque ceux qui sonnaient des trompettes et ceux qui chantaient, s'unissant d'un même accord pour célébrer et pour louer l'Éternel, firent retentir les trompettes, les cymbales et les autres instruments, et célébrèrent l'Éternel par ces paroles: Car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours! en ce moment, la maison, la maison de l'Éternel fut remplie d'une nuée. »
  4. Ps 22.23 Au milieu de l'assemblée : « Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l'assemblée. »
  5. Ps 115.17 Les morts ne louent pas : « Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Éternel, Ce n'est aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence; »
  6. Ps 150.6 Tout ce qui respire : « Que tout ce qui respire loue l'Éternel! Louez l'Éternel! »
  7. Jr 9.24 Se glorifier de connaître Dieu : « Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie D'avoir de l'intelligence et de me connaître, De savoir que je suis l'Éternel, Qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre; Car c'est à cela que je prends plaisir, dit l'Éternel. »
  8. Lc 2.13 Les anges louent Dieu : « Et soudain il se joignit à l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu et disant: »
  9. Rm 15.11 Louez, toutes les nations : « Et encore: Louez le Seigneur, vous toutes les nations, Célébrez-le, vous tous les peuples! »
  10. 1 Co 1.31 Se glorifier dans le Seigneur : « afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur. »
  11. Hé 13.15 Le sacrifice de louange : « Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. »
  12. Ap 19.6 Alléluia ! : « Et j'entendis comme une voix d'une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant: Alléluia! Car le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans son règne. »

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Bibliographie

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