ʿālāh עָלָה

Strong H5927 · verbe · monter, faire monter, offrir · 884 occurrences

Monter : gravir une montagne, aller vers Jérusalem, s'élever comme une fumée. À la forme causative, « faire monter » désigne aussi bien la délivrance d'Égypte que l'offrande de l'holocauste, le sacrifice qui monte tout entier vers Dieu.

Racine et étymologie

La racine ʿ-l-h exprime le mouvement vers le haut. Elle est apparentée à la préposition ʿal, « sur, au-dessus de », et au nom ʿelyôn, « le Très-Haut », titre de Dieu dès Genèse 14. Dans un pays de collines où les villes et les sanctuaires sont bâtis sur les hauteurs, « monter » devient naturellement le verbe du voyage vers un lieu important, et d'abord vers le lieu où Dieu se laisse rencontrer.

Au qal, le verbe signifie « monter, s'élever » : une vapeur monte de la terre (Gn 2.6), les anges montent et descendent l'échelle de Jacob (Gn 28.12), une armée « monte » contre une ville pour l'attaquer. Au hiphil, il prend le sens causatif « faire monter » : Dieu fait monter Israël d'Égypte (Ex 3.8), et le prêtre « fait monter » la victime sur l'autel, c'est-à-dire l'offre en sacrifice.

Les dérivés sont nombreux. ʿōlāh (H5930), l'holocauste, est littéralement « ce qui monte ». maʿălāh (H4609) désigne une marche d'escalier, un degré, et donne son titre aux « cantiques des degrés » (Ps 120 à 134), chantés par les pèlerins montant à Jérusalem. Le judaïsme moderne parle encore d'aliyah pour l'émigration vers la terre d'Israël et pour la montée du lecteur vers la Torah à la synagogue.

Sens et emplois

  1. Monter, s'élever

    Le sens physique de base, employé pour les personnes, les animaux, les plantes ou les éléments. Dans le songe de Béthel, le mouvement des anges relie la terre au ciel.

    « les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle »Gn 28.12, Segond 1910
  2. Faire monter d'Égypte

    Au hiphil, la formule « faire monter du pays d'Égypte » résume l'exode. Dieu descend pour délivrer, puis fait monter son peuple vers la terre promise. Le veau d'or usurpe précisément cette confession (Ex 32.4).

    « pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays »Ex 3.8, Segond 1910
  3. Offrir en holocauste

    « Faire monter » une victime, c'est l'offrir sur l'autel où elle est entièrement consumée et monte en fumée vers Dieu. Le verbe et le nom ʿōlāh vont souvent ensemble ; Segond traduit « offrir en holocauste ».

    « offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai »Gn 22.2, Segond 1910
  4. Monter vers le lieu de Dieu

    Aller au sanctuaire, à Sion, c'est toujours « monter ». La question du psaume transforme le pèlerinage en examen de conscience : qui est digne de s'approcher ?

    « Qui pourra monter à la montagne de l'Éternel? »Ps 24.3, Segond 1910
  5. La montée des nations

    Les prophètes élargissent le pèlerinage : à la fin des temps, ce ne sont plus seulement les tribus d'Israël, mais des peuples nombreux qui montent vers Sion pour y apprendre la loi de Dieu.

    « Venez, et montons à la montagne de l'Éternel »És 2.3, Segond 1910

Passerelle hébreu – grec

La Septante rend ordinairement le qal par ἀναβαίνω (anabainō), « monter », et le hiphil par ἀνάγω, « faire monter », ou, dans le vocabulaire sacrificiel, par ἀναφέρω, « offrir, porter en haut ». Le nom ʿōlāh devient ὁλοκαύτωμα, « ce qui est entièrement brûlé », d'où vient notre mot « holocauste ». Le grec insiste ainsi sur la combustion totale, là où l'hébreu soulignait la montée.

Le Nouveau Testament reprend ce vocabulaire. Jésus « monte » à Jérusalem avec les Douze vers sa passion (Lc 18.31) ; ressuscité, il annonce qu'il « monte » vers son Père (Jn 20.17), et Paul lit le Psaume 68 comme l'ascension du Christ (Ep 4.8). L'épître aux Hébreux emploie ἀναφέρω pour le sacrifice du Christ et pour le « sacrifice de louange » que les croyants offrent par lui (Hé 13.15).

Le débat

Que signifie l'holocauste, l'offrande qui « monte » tout entière vers Dieu : un don d'hommage, ou un sacrifice d'expiation ?

Les fonctions ne s'excluent pas. L'holocauste est d'abord un don total, mais ce don est aussi une manière de s'approcher d'un Dieu saint, ce qui suppose l'expiation. Le verbe « faire monter » garde ensemble l'offrande et l'élan vers Dieu.

Portée théologique

Le verbe ʿālāh dessine une géographie spirituelle. Dieu habite « en haut », et l'homme ne peut monter vers lui de son propre élan : la tour de Babel l'a montré. C'est pourquoi, dans l'Exode, le mouvement commence par une descente de Dieu (« je suis descendu ») pour aboutir à une montée du peuple. La délivrance est une montée accordée, et le culte en est le prolongement : l'holocauste fait monter vers Dieu ce que l'homme lui rend.

Genèse 22 noue les deux sens du verbe. Abraham doit « faire monter » son fils sur la montagne, et c'est un bélier qui monte à sa place. La tradition chrétienne y a lu une préfiguration du Christ, qui monte à Jérusalem, s'offre lui-même et monte vers le Père. Pour le croyant, la vie entière peut devenir une montée : les cantiques des degrés accompagnent le pèlerin, et Paul invite à offrir son corps « comme un sacrifice vivant » (Rm 12.1). Le psaume 24 rappelle la condition de cette montée : des mains innocentes et un cœur pur, que Dieu lui-même donne.

Chaîne : Monter vers Dieu

  1. Gn 8.20 L'holocauste de Noé : « Noé bâtit un autel à l'Éternel; il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et il offrit des holocaustes sur l'autel. »
  2. Gn 22.2 Abraham et Isaac : « Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. »
  3. Gn 22.13 Le bélier à la place du fils : « Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l'offrit en holocauste à la place de son fils. »
  4. Gn 28.12 L'échelle de Jacob : « Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. »
  5. Ex 3.8 Faire monter d'Égypte : « Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel, dans les lieux qu'habitent les Cananéens, les Héthiens, les Amoréens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens. »
  6. 1 R 18.36 Élie au Carmel : « Au moment de la présentation de l'offrande, Élie, le prophète, s'avança et dit: Éternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël! que l'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j'ai fait toutes ces choses par ta parole! »
  7. Ps 24.3 Qui pourra monter ? : « Qui pourra monter à la montagne de l'Éternel? Qui s'élèvera jusqu'à son lieu saint? - »
  8. Ps 122.4 La montée des tribus : « C'est là que montent les tribus, les tribus de l'Éternel, Selon la loi d'Israël, Pour louer le nom de l'Éternel. »
  9. És 2.3 Les nations montent à Sion : « Des peuples s'y rendront en foule, et diront: Venez, et montons à la montagne de l'Éternel, À la maison du Dieu de Jacob, Afin qu'il nous enseigne ses voies, Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l'Éternel. »
  10. Lc 18.31 Jésus monte à Jérusalem : « Jésus prit les douze auprès de lui, et leur dit: Voici, nous montons à Jérusalem, et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme s'accomplira. »
  11. Jn 20.17 Je monte vers mon Père : « Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
  12. Hé 13.15 Le sacrifice de louange : « Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. »

Mots apparentés

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Bibliographie

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